Ile Seguin : sondage du Figaro.fr, 74% de votes contre les tours

Posted by on Nov 7, 2011 in Actualité | Commentaires fermés sur Ile Seguin : sondage du Figaro.fr, 74% de votes contre les tours

Le Figaro.fr a organisé le 3 novembre un sondage sur les tours de l’Ile Seguin. En voici les résultats :

Et ce ne sont pas les Associations qui ont voté ou fait voter, nous n’étions pas au courant !

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Exclusif : Les tours de l’Ile Seguin vues de Boulogne-Billancourt.

Posted by on Nov 5, 2011 in Actualité | Commentaires fermés sur Exclusif : Les tours de l’Ile Seguin vues de Boulogne-Billancourt.

Avant… 

 

Après… ?

 

 

Cette illustration a été dévoilée lors de la réunion d’information tenue par les associations le 3 novembre 2011, a l’Espace Landowski, à Boulogne-Billancourt.

La photo « Avant » représente une vue panoramique prise par un habitant du Trapèze depuis le haut d’un immeuble de l’Avenue Pierre Lefaucheux, dans le quartier Rives de Seine. Au premier plan, le parc de Billancourt. L’Ile Seguin se trouve derrière la rangée d’arbres qui borde la Seine. Au fond, les coteaux de Meudon.

L’Illustration « Après » est une interprétation des Tours de l’Ile Seguin, établie en fonction des éléments en notre possession. L’Illustrateur est parti des photos de la maquette de l’Ile Seguin, qui n’a été montrée qu’aux seuls conseillers municipaux, lors de la séance du 16 juin 2011. Cette maquette est la seule montrant l’Ile dans son environnement, et a été réalisée à la demande expresse du commissaire enquêteur. Elle n’a jamais été montrée au public, mais grâce à plusieurs conseillers municipaux, nous avons pu en publier la photo sur notre site, et pu l’étudier sous tous les angles.

Pour la représentation des tours, l’illustrateur est parti des deux seules illustrations jamais fournies par les ateliers Jean Nouvel, et révélées en juillet 2011. Ces illustrations ne montraient que le haut des tours. L’artiste s’est donc inspiré de cette vision partielle pour reconstituer l’ensemble.

Enfin, nous avons fait figurer les 5 tours prévues à l’origine sur la maquette. Depuis, le Conseil Général, en la personne de M. Deveidjan, s’est formellement opposé à céder un pouce de terrain de la pointe aval, et  a donc refusé au Maire de Boulogne-Billancourt d’y construire la 5eme tour. Cependant, la Direction de la SAEM a publiquement nié le fait que le projet serait réduit à 4 tours. En outre, le Maire n’a pas annoncé de réduction de la constructibilité de 310 000m2. Nous en sommes réduits à comprendre que soit il y aurait 4 tours, mais plus hautes et/ou plus larges, soit 5 tours mais réparties sur la surface de  l’Ile autrement que dans la maquette originale.

Ce travail de reconstitution s’appuie donc sur le très peu d’éléments fournies par MM. Nouvel et Baguet, dans le contexte d’opacité qui règne sur le projet depuis l’origine. Il n’est donc nécessairement qu’une interprétation.

Il fait ressortir cependant clairement que ce projet va établir une muraille de béton qui va ruiner a jamais un site d’exception.

Nous demandons donc expressément que soit publiée une étude de géo-référencement, c’est-à-dire une simulation en 3D des tours dans leur environnement, ainsi que l’impact de nuit comme de jour (ombre portée).

L’Association des Riverains de l’Ile Seguin

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Ile Seguin : les antitours font le plein

Posted by on Nov 5, 2011 in Actualité | Commentaires fermés sur Ile Seguin : les antitours font le plein

Les septs associations de défense de l’environnementqui bataillent contre l’urbanisation massive de l’île Seguin—dont cinq tours d’une centaine de mètres de haut—ont réuni environ 300 personnes hier soir à l’espace Landowski de Boulogne-Billancourt. Ce rendezvous, le premier du genre de puisque le rejet de leur recours gracieux contre la révision simplifiée du plan local d’urbanisme (PLU) leur a été signifié le 8 octobre parle député-maire UMP Pierre-Christophe Baguet, leur a permis d’expliquer publiquement leurs griefs à l’encontre du projet de l’architecte Jean Nouvel. Nouvelle venue parmi les associations et constituée pour l’occasion, Vivre à Meudon n’est pas la moins virulente: « Ce qui est scandaleux dans cette affaire, c’est que les maires de Meudon et de Sèvres n’ont pasété consultés alors qu’à certains endroits l’île Seguin est plus proche de Meudon que de Boulogne,a lancé son président Jean-Paul Torris. Quand il nous a reçus,le maire de Meudon, Hervé Marseille, a exprimé de fortes réserves. Dest contre ce projet et nous a assuré qu’il n’y aura pas d’accès automobile coté Meudon.» Et Jean Paul Torris de présenter un visuel du projet de Jean Nouvel qui simulera la vue que les habitants du Trapèze  auront sous les yeux en cas de construction de l’ensemble prévu. Une projection qui a fait sensation dans  l’assistance,notamment chez les nouveaux acquéreurs qui ont acheté leurs appartements avec la promesse d’une vue imprenable sur la colline de Meudon.
Promesses non tenues Luc Blanchard de Val de Seine Verta, quantà lui,fustigé les promesses électorales non tenues du candidat Baguet : « La construction initiale a été multipliée par trois. Pour quelqu’un qui trouvait que 175000 m2, c’était trop dense,qu’il fallait construire une île verte, voilà qu’il nous présente un projet avec des tours plus hautes que la colline de Meudon et 330 000m2.» Luc Blanchard annonce que son associationa l’intention de déposer un recours contentieux devant le tribunal administratif de Cergy (Val-d’Oise). Pour le président de Boulogne Environnement, jamais Rerre-Christophe lit Baguet n’a eu l’intention d’entamer une véritable négociation avec les associations,contrairement à son prédécesseur,Jean-Pierre Fourcade: «Il nous a répondu par la négative avant même de nous recevoir,c’est quand même une drôle de manière de mener une concertation», a ironisé Jean Louis Tourlière. Cest d’une riveraine de l’île qu’est venue une réflexion, qui a frappélesesprits: «Ce qui est le plus choquant,c’est que le député-maire n’en fait qu’une affaire financière.» Seul Sylvain Canet, président de la Cité du savoir,croit encore en une troisième voie: «Mettons-nous autour d’une table et discutons, l’affrontement bloc contre bloc ne sert à rien » ROBERTO CRISTOFOLI


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Faut-il sauver l’Ile Seguin ?

Posted by on Nov 5, 2011 in Actualité | Commentaires fermés sur Faut-il sauver l’Ile Seguin ?

www.sauvonslileseguin.com… Un tract avec cette adresse web dans ma boite aux lettres m’interpelle…  L’Ile Seguin serait en danger ?  Elle ne va quand même pas couler…

J’habite assez loin de l’ile Seguin et je suis, également d’assez loin, les projets et contre-projets qui se succèdent… Je sais quand même que l’ile est pratiquement en friche depuis le départ de Renault, puis de Pinault, et je trouve que ça fait beaucoup de temps (et sans doute d’argent) perdu…

C’est à rendre chèvre les Boulonnais qui s’intéressent à leur ville et qui aimeraient bien qu’un vrai et beau projet prenne enfin forme… Le site le mérite. Car l’Ile Seguin, depuis 20 ans c’est plutôt l’Ile déserte que… l’Ile au trésor … quoique !
Voilà de bonnes raisons pour aller voir ce qui se cache derrière ce site web… Alors jeudi 3 novembre je me rends à l’espace Landowski…  Je vais savoir qui sont les sauveteurs de l’Ile Seguin… et ce qu’il y a à sauver…
La salle est aux trois-quarts pleine (250 à 300 personnes) et l’âge moyen de l’assistance est plutôt élevé… c’est un peu décevant !

Mais, première bonne surprise, il y a là, réunies derrière le slogan « Sauvons l’ile Seguin », 7 associations (+ un collectif de riverains), sans doute différentes, voire opposées, dans leur objet, dans leur ancienneté, dans leur nombre d’adhérents, qui ont su s’unir pour défendre ce qu’elles croient bon pour l’ile, pour la ville et pour la Seine…
Deuxième bonne surprise : cette réunion d’information a été bien préparée,  l’ordre du jour bien structuré.
Après la présentation des Associations (le G8*), le modérateur ouvre les débats en annonçant que le G8 estime que le projet actuel est une fuite en avant architecturale, financière et juridique.

Après un rapide rappel de l’histoire de l’ile Seguin les différents orateurs présenteront, avec fougue pour certains, toutes les raisons de s’opposer à ce projet que nous appellerons le projet Nouvel :

Le projet initial de l’ancienne municipalité (Jean-Pierre Fourcade) comportait, après concertations et négociations avec les Associations, 175 000 m² bâtis. Lors de la campagne pour les élections municipales, Pierre-Christophe Baguet, qui sera élu, proposait d’alléger ce projet et de le ramener à 110 000 m² bâtis.
Après une modification simplifiée (sic) du PLU, le projet Nouvel annonce 337 500 m² à bâtir, avec 5 tours de 100 à 120 m de hauteur ! Plus hautes que la colline de Meudon.

Cette densification, avec notamment 165 000 m² de bureaux, entrainera à l’évidence de nombreux problèmes (accès, circulation, parkings, transports publics, sécurité, impact visuel, etc.).

L’enquête publique a recueilli quelques centaines d’avis : 83% étaient contre ce projet Nouvel, les tours étant particulièrement visées.

15 recours gracieux ont été déposés contre ce projet… ils ont été regroupés en 4 catégories par notre maire PC Baguet : Recours des communes voisines, recours des riverains du Trapèze, recours individuels, recours du G8.
Le Maire, qui a reçu des représentants de chacune des 4 catégories précitées, a rejeté tous ces recours, indiquant notamment qu’il n’avait pas le choix pour des raisons financières.

M. Torris (animateur du site Sauvons l’île Seguina présenté ensuite quelques photos de maquette (qui serait ignorée du public) et quelques montages démontrant l’impact visuel des tours Nouvel depuis Boulogne et depuis Meudon ou Sèvres…

lire la suite sur : http://www.l-e-bb.info/faut-il-sauver-lile-seguin-21666

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L’île Seguin va revoir sa copie

Posted by on Nov 4, 2011 in Actualité | Commentaires fermés sur L’île Seguin va revoir sa copie

En guerre contre les tours, les riverains organisent ce soir une réunion publique.Alors que le maire de Boulogneet l’architecte Jean Nouvel réfléchissent déjà à des ajustements.

AMENAGEMENTG20 à Cannes, G8 à Boulogne. L’île Seguin valait bien une réunion au sommet. C’est en tout cas ce qu’ont visiblement estimé huit as sociations de riverains. Ce soir à 19h 30, elles organisent une rencon tre avec les habitants à l’amphithé â être Landowski, autour de l’aménage ment de l’ancien site des usines Renault. Un terrain de 11,5 hectares toujours désespérément vide, d’où émergent seulement un restaurant et un cirque éphémères. Certes, un nouveau pont et deux parkings ont bien vu le jour. Mais pour le reste, la physionomie future du site, telle que l’a imaginée l’architecte Jean Nouvel,demeure très incertaine.Petit résumé des épisodes précédents. Le 16 juin dernier, un an après la présentation du projet de l’archi tecte star, mêlant galeries d’arts, jar dins, multiplexe de cinéma et cinq tours de bureaux et d’hôtels, le conseil municipal approuve la révision du plan local d’urbanisme (PLU) permettant le réaménagement. Les 175000m jusqu’alors constructibles se transforment en 337 000 m2. Soit le double de ce qui avait été initiale ment décidé par l’ancien maire JeanPierre Fourcade (UMP). Colère des associations et de certains voisins, qui présentent, dans la foulée, un recours gracieux en vue de revoir à la baisse les aménagements prévus. «Fin octobre, le député maire PierreChristophe Baguet (UMP) nous a écrit pour nous expliquer que c’était inenvisageable,se désole Jean-Louis TourHère, président de l’association Boulogne Environnement. Or,au moment des élections municipales de 2008, il s’était pourtant engagé à dédensifier l’ile en limitant sa construction à 110 000 m . En réalité, les droits à construire ont triplé ! »Réponse de l’intéressé : « J’ai quand même tenu compte de certaines objections et abaissé la constructibilité à 310 000 m . De toute façon, l’ileSeguin a déjà coûté à la Villeplus de 132 millions d’euros, dont 43 millions pour l’acquérir. Or, toutes ces dépenses rendent désormais impossible une dé- densification des lieux. On ne peut pas créer 4,5 hectares d’espaces verts, soit plus d’un tiers de Vile, ni vouloir une concentration unique en Europe de 140 000 m d’activités culturelles, sans édifier à côté des bureaux. C’est une question d’équilibre financier. » «En clair, on fait des tours de bu reaux pour se payer de la culture, résume Jean-Louis Tourlière. Bien sûr que la proposition de Jean Nouvel est somptueuse, mais compte tenu du contexte économique, elle s’avère peu réaliste. Le projet global demanderait à être revu, au moins à la marge. » Un message que semble entendre Pierre-Christophe Baguet, malgré son rejet du recours gracieux. «Je ne suis pas obtus et Jean Nouvel non plus, affirme-t-il. Les Boulonnais sont très impa tients de voir enfin les choses avancer sur Vile.Ils se disent également très fiers de sa vocation culturelle. La Fondation Cartier, une Cité du cirque dirigée par Madona Bouglione, un pôle d’art contemporain, un centre international

des médias et du cinéma proposé par un investisseur américain en partenariat avec l’acteur Robert De Niro, un multiplexe Pathé de 16 salles et 3 200 places, une Cité de la musique, tout cela leur convient. Mais lorsque les tours surgis sent, c’est là que le bât blesse. Dans l’inconscient collectif,elles renvoient à l’ha bitat dégradé de banlieue. Même ci celles de Jean Nouvel sont très effilées, haute pour l’une de 120 m et pour les autres de 100 m, ni plus ni moins que les tours du pont de Sèvres,il faut entendre les réticences. » Le maire se dit donc prêt à trouver des alternatives et confie qu’il travaille déjà avec Jean Nouvel à diffé rentes solutions. « Je n’ai pas été convié à la réunion d’information organisée ce soir, mais j’attends aussi avec impatience les propositions qui en émaneront. » À l’issue de la rencontre,les huit associations auront jusqu’au 15 décem bre pour décider de transformer ou non le recours gracieux en recours contentieux auprès du tribunal administratif. Le temps que l’institution se saisisse du dossier et rende son jugement,il pourrait encore s’écouler… deux ans. De quoi décourager les actuels investisseurs ?

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L’île Seguin stimule les talents littéraires par Grand Paris et petit détours

Posted by on Oct 29, 2011 in Actualité | Commentaires fermés sur L’île Seguin stimule les talents littéraires par Grand Paris et petit détours

L’île Seguin stimule les talents littéraires

Comme on pouvait s’y attendre, les recours gracieux déposés par huit associations contre le projet d’aménagement de l’île Seguin, ont été rejetés par le maire Pierre-Christophe Baguet. Il rejette en particulier leur demande de retour au PLU antérieur, qui prévoyait déjà plus de surfaces construites que dans les promesses de la campagne municipale (177 000 m2 contre 110000 m2), mais quand même moins que dans le projet actuel (310 000 m2, dernière version).

Dans la lettre du 8 octobre où il signifie ce refus, le maire justifie ainsi  sa décision: «Il s’est avéré qu’une telle dédensification était incompatible avec les dépenses déjà engagées pour l’île Seguin et la nécessité d’équilibrer financièrement cette opération». On ne peut pas lui donner tort. Il est certain que si la Société d’économie mixte d’aménagement, la Saem Val-de-Seine, veut combler les pertes qu’elle accumule de mois en mois, elle a intérêt à vendre beaucoup de mètres carrés de « charges foncières ». Pour le moment, les preneurs ne sont pas encore là. Et côté calendrier, les choses risquent de se compliquer si les associations introduisent des recours contentieux, autrement dit si elles vont en justice, comme elles l’ont annoncé.

En attendant, cette pauvre île continue d’inspirer des littérateurs. Après « Les contes fantastiques de Paulette de la Brosse », assez réjouissante chronique de la vie locale, voici un autre texte, « Vaisseau fantôme ou bateau ivre? » sous-titré « Les diverses possibilités d’une île ». Gilbert Veyret, son auteur, est consultant dans un cabinet de conseil en développement territorial et habitant de Boulogne. N’ayant ni site ni blog, je lui offre l’hospitalité pour quelques extraits de ce texte, écrit cet été avant les épisodes récents. Donc, voici:

«Il était une fois, un grand projet d’aménagement sur un site magique. Siège de la culture automobile, lieu de la mémoire ouvrière, vaisseau de pointe du Grand Paris, cette ile urbaine était celle de tous les superlatifs. Elle devait inspirer les plus grands créatifs, attirer les promoteurs les plus soucieux de leur retour sur investissement, satisfaire les plus grandes exigences environnementales et répondre aux aspirations culturelles du plus grand nombre.

On s’était insurgé, à l’époque, contre l’impudence d’un Premier Ministre qui prétendait, au mépris des lois de décentralisation, qu’un tel aménagement dépassait les compétences des collectivités locales et nécessitait un pilotage par l’Etat.  Hélas, les faits lui ont, en grande partie, donné raison.

Vingt ans plus tard, au gré de vicissitudes administratives et turpitudes électorales, ce navire amiral était toujours encalminé. Il n’avait vu que l’implantation d’un cirque dont personne n’osait en faire la métaphore de la situation politique qui avait conduit à cette panne.  Une Fondation privée d’art contemporain avait choisi de s’implanter dans le cadre plus serein de la Sérénissime Venise, de préférence à ce site moderniste ; ses promoteurs ayant fait le pari que la destruction inéluctable de la Cité des Doges par la montée des eaux, n’interviendrait guère plus tôt que les autorisations administratives requises en France.

Un projet, assez cohérent, reprenant l’essentiel du précédent, semblait pourtant connaître un début d’exécution, quand une nouvelle équipe municipale dénonça vertueusement le schéma d’aménagement retenu, jugé trop dense et trop coûteux.  Elle se fit élire sur la base d’une vision plus conviviale, plus écolo, privilégiant les guinguettes au bord de l’eau, les promenades champêtres et la culture pour tous.

Les précédents investisseurs, ne voulant pas être des enjeux de ces débats politiciens, furent assez heureux de s’en dégager à bon compte, en pleine crise économique. Ce fut particulièrement vrai pour une Université américaine qui comprenait mal ces querelles de Gaulois et pour un hôtel dont le permis de construire avait été attaqué en tribunal administratif par ceux-là mêmes qui étaient devenus, depuis, responsables de ce programme.

Passée l’euphorie des élections, il fallut bien proposer une alternative qui ne soit pas seulement dédiée à de bucoliques ballades virginales, au milieu de statues, mais couvre aussi les frais et les intérêts des emprunts, engagés par la société d’aménagement.Faute de pouvoir montrer assez rapidement des réalisations, on bâtit des discours, passablement illustrés, sur ce qu’on en attendait. Le buzz médiatique se répandait plus rapidement et coûtait moins cher que le béton. Il est aussi plus facilement réversible. On fit appel, pour cela à un des architectes conceptuels les plus talentueux du moment. (…)

Les plans mirifiques que le maire et l’architecte commentèrent abondamment, dans de nombreux médias, révélaient toutefois un léger hiatus. Ils prévoyaient une surface bâtie triple de celle sur laquelle l’équipe municipale s’était fait élire et pas loin du double de celle sur laquelle la précédente municipalité avait été battue ! Outre des équipements culturels, toujours hypothétiques, il s’agissait essentiellement de bureaux et d’un hôtel qu’on pourrait qualifier d’altitude, vue la hauteur du bâtiment prévu. (…) Mais là encore des mots, bien choisis, servaient à mieux masquer les choses. La carte était toujours plus belle que le territoire qu’elle était censée représenter.

Le grand architecte décida de les baptiser « châteaux », comme des superstructures d’un navire, pour leur ôter toute connotation avec un passé architectural fortement contesté. A une légère différence près. D’habitude les cargaisons sont solidement arrimées sur des vaisseaux qui fendent la mer. Dans ce cas d’espèce, l’ile avait peu de chances de bouger, mais ses voies d’accès avaient toutes chances d’être embouteillées et ses occupants de se sentir en cale sèche.

Mais un nombre croissant d’habitants et de riverains se demandaient si cela valait vraiment la peine de s’exciter sur une élucubration très théorique qui n’avait que peu de chances de voir le jour. La perspective de plusieurs recours contentieux, la non conformité manifeste de ce nouveau plan de localisation urbaine avec les principales dispositions des schémas régionaux d’aménagement qui avaient reçu force de loi, repoussaient les premiers coups de pioche aux calendes. (…)

Cela n’allait sûrement pas lever les hésitations des professionnels d’un marché, passablement saturé, de l’immobilier de bureau de l’ouest parisien. Ni rassurer les créanciers de la société d’aménagement qui voyaient ainsi repousser, de projet en projet, les perspectives de vente de droits à construire sur des terrains devenus aussi économiquement marécageux.

Sans doute faudrait-il attendre encore la prochaine intervention d’un architecte encore plus génial ou d’un véritable démiurge, capable de sauver la mise à un maire aux abois, en lui démontrant que la seule façon de couvrir les charges dues aux retards accumulés, serait de perpétuer cette fuite en avant, en doublant à nouveau, les surfaces à bâtir, en hauteur, en sous-sol ou sur pilotis.

On pourrait aussi lui suggérer de revendre ces terrains à un constructeur automobile chinois ou indien, exploiter les gaz de schistes que cinquante années de production automobile avaient probablement enfouis dans le sous sol ; faire payer un droit d’octroi aux bateaux mouches et péniches, attirés par la beauté du site ; construire une tour si haute, si magique qu’elle remplacerait avantageusement la Tour Eiffel et serait visitée par des millions de touristes chaque année. Créer le premier centre mondial d’études et de retours d’expériences des projets échoués. Il attirerait les politiques, universitaires, chercheurs du monde entier, soucieux de bien comprendre les diverses façons infaillibles pour planter un projet.

Mais, qu’importe le projet, pourvu qu’on en maîtrise la communication !»

vu sur :

http://grandparis.blogs.liberation.fr/vincendon/2011/10/lile-seguin-stimule-les-talents-litteraires.html


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