Ile Seguin : de jolies tours de magie

LE MONDE | 27.11.2012 Par Jean-Jacques Larrochelle

Projet 1 : Jean Nouvel ; Projet 2 : Jean N. ; Projet 3 : J. Nouvel ». Le tract, qui résume de manière ironique la situation, les membres de l’association Sauvons l’île Seguin le brandissent à qui veut le voir. Ils étaient présents en nombre mercredi 21 novembre à la sortie du conseil municipal très agité qui s’est tenu à huis clos à Boulogne-Billancourt (Hauts-de-Seine).

 

Au programme : suite à la demande de Pierre-Christophe Baguet, le maire (UMP) de la ville – sous la pression de ses administrés, mécontents du premier projet qui prévoyait de hérisser cinq tours de bureaux (jusqu’à 120 mètres de haut) -, l’architecte Jean Nouvel a dû revoir sa, ou plutôt, ses copies. Coordonnateur de l’ « Ile de tous les arts », l’aménagement du site des anciennes usines Renault, il défendait trois nouveaux schémas de densité croissante pour un programme qui doit réunir commerces, activités tertiaires, auditorium, espaces culturels et jardins.

 

Celles et ceux, présents lors de la soirée diapo du conseil, ont vu défiler des images peu explicites. En résumé : sur la première, au moins deux tours ; sur la deuxième, une seule ; sur la troisième, plus de tour mais toujours la même structure de base qui, selon le cas, augmente son volume et son emprise sur les espaces verts. Les Boulonnais sont ainsi invités, jusqu’au 16 décembre, à donner leur voix pour l’une des trois propositions de 232 000 m2, 255 000 m2 et 310 000 m2 de droits à construire. Toutes ont fait l’objet d’une révision du plan local d’urbanisme (PLU), en juin 2011, alors que celui de 175 000m2 jusqu’alors en vigueur avait été adopté, en 2004, « avec l’entier accord de quinze associations représentatives de la ville en matière de cadre de vie », souligne Sauvons l’île Seguin. Superficie de l’île « sèche » : 115 000 m2.

 

Perçue comme un passage en force, la décision a déchiré les rangs de l’UMP : les anciens maires Jean-Pierre Fourcade et Pierre-Mathieu Duhamel, ainsi que le député Thierry Solère, partisans du PLU de 2004, ont purement et simplement demandé aux électeurs boulonnais « de ne pas cautionner ce faux référendum ».

 

Au-delà de l’agitation politique qu’elle provoque, l’affaire interroge le point de vue de l’architecte. Comment peut-on satisfaire la cohérence variable des programmes, en recourant au miracle d’une simple soustraction. Chaque modification aurait supposé, semble-t-il, une remise en question un peu plus radicale des différents postulats. Selon Jean Nouvel, le cas de figure n’a rien d’exceptionnel. Il parle d’« hypothèses courantes » de « stratégies différentielles en fonction de la demande des clients » et non pas de projet en tant que tel.

 

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www.lemonde.fr/culture/article/2012/11/27/ile-seguin-de-jolies-tours-de-magie_1796503_3246.html

 

 

 

 

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