Ile Seguin. Desintox : comment lire les résultats du vote du 16 décembre 2012 ?

Analyse et décryptage d’un scrutin très particulier.

Seulement 2513 votes dans des conditions normales

« Plébiscite » ?

 Le maire de Boulogne-Billancourt qualifie ainsi le vote du 16 décembre 2012 qui aurait indiqué la préférence des Boulonnais pour l’un des 3 projets élaborés par Jean Nouvel.

Comment triompher ainsi, alors même que seuls 7037 électeurs sur 67120 inscrits ont voté pour ce projet ?
Comment triompher ainsi, alors même que la liberté de choix était interdite, que les Boulonnais étaient contraints à voter pour l’un des 3 projets Nouvel, et qu’il leur était interdit de dire non sauf à s’abstenir. Ce qu’ils firent massivement, puisque le niveau d’abstention atteint 50 123 électeurs sur 67 120 inscrits.

Qu’à cela ne tienne ! Le Maire qualifie les 16 992 votes enregistrés d’importante participation et n’hésite pas à la comparer aux taux de participation d’élection démocratiques, comme les municipales.

Pure intoxication.

En osant comparer les résultats de ce pseudo-référendum avec ceux d’une élection démocratique organisée dans le respect du code électoral, le Maire franchit le Rubicon et commet une tentative de pure intoxication.

Comment se déroule une élection démocratique « normale » ? :

–          dans un bureau de vote, sur un seul jour, dans des horaires précis.

–          avec un strict contrôle d’identité et un émargement des listes électorales, la signature de l’électeur ajoutant un élément de contrôle supplémentaire.

–          en présence d’assesseurs et de représentants des différents partis, y compris lors du dépouillement.

–          dans des conditions de vote par correspondance et de délégation de pouvoirs strictement encadrées.

Le tout est destiné à éviter le fameux « bourrage d’urne », fléau de la démocratie, et qui a vu dans certains cas les morts voter !

Comment s’est déroulé le pseudo-référendum sur l’Ile Seguin ? :

–          Seuls 2513 votes ont été effectués dans des conditions approchant celles d’un vote démocratique,  dans un bureau de vote, le 16 décembre 2012, soit 3,7% des inscrits seulement.

–          Les 14 479 autres votes exprimés l’ont été dans des conditions « très particulières » :

  • 8213 votes ont été exprimés par courrier, par le renvoi d’une simple Carte T
  • 6266 votes ont été exprimés par internet. Il suffisait d’être muni d’un identifiant et d’un mot de passe.

–          Ce vote à distance a été ouvert pendant une période de quinze jours, du 24 novembre au 10 décembre 2012.

Si un contrôle par huissier se faisait bien à la réception, rien, absolument rien ne pouvait garantir l’identité du votant. Il suffisait donc à tout militant zélé du béton de se mettre en chasse des courriers parsemés dans la nature, non-distribués, retournés à l’expéditeur, confisqués à leurs proches, récupérés dans des corbeilles, etc…  Ils avaient 15 jours pour cela. Rien dans cette pseudo-consultation ne garantit donc qu’une seule et même personne n’ait pu voter plusieurs fois, voire même de très nombreuses fois ! Une grande facilité était donc offerte au « bourrage d’urne ».

Que le Maire de Boulogne-Billancourt ait organisé un simulacre de démocratie, sans choix véritable pour les Boulonnais, est déjà condamnable.

Mais que le Maire ose comparer les résultats et la participation obtenus de cette manière avec ceux d’un vote démocratique, alors que rien dans les conditions de vote ne garantissait la même sécurité, est de la pure intoxication.

Ne demeure qu’une vérité incontestable : malgré toutes ces manœuvres, plus de 50 000 boulonnais se sont abstenus, parmi lesquels les milliers d’opposants aux projets Nouvel qui ont été privés de la liberté de dire NON. C’est avec leur soutien que nous réfutons la légitimité de ce vote et que nous poursuivons notre combat contre ces projets de bétonnage et de destruction de l’Ile Seguin.

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