Ile Seguin : Rejet des recours, l’argument fallacieux de la densification

Nous avons publié la semaine dernière la mise au point concernant la soi-disant découverte par le Maire de Boulogne Billancourt de l’état des finances de la Ville. Cette publication a suscité de nombreuses réactions. On nous prie ainsi de rappeler que M. Baguet, outre le fait qu’il était administrateur de la SAEM,  a également en tant que conseiller municipal voté toutes les décisions concernant les finances de la Ville. Ce premier argument expliquant le reniement de ses promesses est donc totalement irrecevable.

Nous poursuivons avec le second argument mis en avant par la Maire de Boulogne-Billancourt pour expliquer la trahison de ses promesses. Lui qui en 2008 s’élevait contre le bétonnage de l’Ile Seguin, et nous promettait d’y réduire les droits à construire a 110 000m2, a soudainement découvert les mérites de la « densification » . En la matière, ce chemin de Damas a été violent, puisqu’il prétend multiplier la densité par 3, soit 310 000 m2, la même densité pour cette malheureuse ile qu’à la Défense, avec les difficultés d’accès en plus et les berges transformées en boulevard circulaire !

 

Laissons un urbaniste lui répondre :

Michel Cantal-Dupart est architecte, urbaniste et professeur titulaire de la chaire d’urbanisme et environnement au CNAM.

Nous publions un extrait de son entretien avec André Gattolin, sénateur des Hauts-de-Seine (EELV)

AG : on a pris conscience que les tours sont des édifices coûteux et souvent peu respectueux du tissu urbain.
Elles produisent des déplacements et une mobilité quotidienne qui nécessitent des infrastructures très lourdes, notamment en termes de transports publics ou individuels.
On passe de quartiers suractifs et encombrés en journée à des espaces vides et sans vie à la tombée de la nuit. (…)

MCD : Le prétexte souvent invoqué pour justifier la construction de tours, c’est celui d’une prétendue nécessité de densification de l’espace urbain.
On accompagne ce discours d’un soi-disant argument écologique qui voudrait qu’en densifiant la ville, on lutterait contre l’étalement urbain, notamment en région parisienne.
C’est idiot. Car, d’une part, Paris et son agglomération figurent déjà parmi les villes les plus denses au monde en termes de densité de population. Paris intramuros a déjà une densité en habitants supérieure à celle de Manhattan !
Dans certains quartiers, celle-ci est même supérieure à celle que l’on rencontre dans le centre de Tokyo !
A Paris et en région parisienne, ce qui fait cruellement défaut, ce sont les espaces verts. La comparaison avec les grandes villes européennes ou nord-américaines est frappante à ce sujet.
L’autre argument fallacieux, c’est que cette forme de densification que les tours sont censées représenter n’est pas du tout écologique en termes de déplacements. En région parisienne, les tours sont surtout à l’Ouest, dans les Hauts-de-Seine, alors qu’une grande partie des gens qui y travaillent vient de l’Est…

Lire ici la totalité de l’entretien :

http://www.andregattolin.net/spip.php?article23

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