Ile Seguin Rives de Seine – Que va devenir le « 57 métal » délaissé par Renault ?

La sur-densité potentielle de bureaux à Boulogne-Billancourt s’aggrave.

metal

Renault a définitivement tourné la page de Billancourt. Le 31 décembre 2012, la firme automobile a décroché le logo Renault de la façade du « 57 métal » situé sur le terrain du Trapèze, face à l’Ile Seguin, qui ne lui servait plus qu’à accueillir son centre d’essai. Désormais, la présence du constructeur à Billancourt se limite à quelques lieux symboliques, à sa participation au Pavillon sur l’Ile Seguin qui célèbre la mémoire industrielle du site, et à sa piste d’essais pour véhicules électriques sur l’Ile.  Au total, ce seront 46 hectares de terrains, dont 11,5 pour l’Ile Seguin qui auront été cédés par Renault pour près de 580 millions d’euros pour faire place aux différentes opérations immobilières.

Le dernier témoignage industriel de Renault à Billancourt

Depuis que l’usine de l’Ile Seguin a été rasée au 2004, ce grand bâtiment construit par l’Architecte Claude Vasconi et livré en 1984 est le dernier témoignage de la présence industrielle de Renault. A l’origine conçu comme l’un des bâtiments d’une future cité industrielle modèle, Billancourt 2000,  il en fut le seul et unique témoignage.  Reconverti par Renault en centre de communication, la grande halle de 25 000m2 a été cloisonnée et abrite des halls d’expositions, des salles de congrès et un amphithéâtre de 800 places.

Il a été cédé en juillet 2010 pour 75 millions d’€ à un fonds d’investissement anglais, Europa Capital, qui souhaite le raser pour en faire un ensemble de bureaux plus vastes, voire une tour.

 

Levée de boucliers et demande de classement

Soutenue par des noms célèbres de l’architecture, la famille Vasconi s’oppose au projet de démolition d’Europa Capital. Elle a déposé en mai 2011 une demande de classement du bâtiment auprès de Fréderic Mitterrand, alors ministre de la culture. Cette demande n’a toujours pas reçu de réponse de la part de la nouvelle ministre de la culture, Aurélie Filippetti. La demande de classement ne protégeant le bâtiment que pendant un an, son avenir demeure incertain.

Position ambiguë de la Mairie de Boulogne-Billancourt

La situation du 57 métal pour accroitre la surface de bureaux à Boulogne-Billancourt aurait pu séduire Pierre-Christophe Baguet. En toute logique, ce bâtiment est beaucoup plus proche des moyens de transports, du métro du Pont de Sèvres et de la future station du Grand Paris Express que la triple tour massive qu’il entend ériger de façon absurde sur l’Ile Seguin.

Mais notre maire invoque « un accord moral » avec les riverains pour éviter de construire un immeuble plus grand à cet emplacement. Curieuse sollicitude pour un homme qui s’apprête a massacrer l’Ile Seguin. Après tout, la tête du Pont de Sèvres, déjà fort abimée par les tours General Electric et le cours de l’Ile Seguin qui abrite déjà la tour Horizon de Jean Nouvel, sont apparemment un emplacement plus logique pour créer la fameuse « skyline » de Boulogne-Billancourt qui est lui est si chère…

On relève dans les signataires de la pétition pour le classement du 57 métal un certain… Jean Nouvel. Les mauvaises langues pourraient penser que le grand homme est surtout préoccupé par l’élimination d’une concurrence fâcheuse et mieux située par rapport aux transports que son projet de bétonnage de l’Ile Seguin. D’autres pourraient penser que son grand ami le Maire de Boulogne-Billancourt est prêt à tout pour l’aider. D’où sans doute cette dernière idée farfelue émise par le  Maire : faire du 57 métal la gare de Grand Paris Express ! Idée totalement absurde, appuyée sur des études fantômes et incompatible avec un projet dont la viabilité financière est déjà très menacée.

Une seule certitude : la sur-densité de bureaux à Boulogne-Billancourt s’aggravera

Les acquéreurs du 57 métal avancent un argument de poids :  le sous-sol est gravement pollué en toxiques cancérigènes, ce qui a été reconnu par Renault, et il est nécessaire de détruire le bâtiment pour procéder à sa dépollution. De quoi inquiéter les riverains !

Classé ou pas, détruit ou pas, aggrandi ou pas, il faut maintenant décider de l’avenir du 57 métal et trancher cette question de pollution. Quelle que soit la décision finale, et écarté le rideau de fumée de la gare du Grand Paris, il est certain que le 57 métal ne peut être transformé qu’en vaste ensemble de bureaux, ajoutant à la sur-densité de bureaux à Boulogne-Billancourt et dans l’Ouest Parisien.

En pleine crise économique, et même pour satisfaire l’égo de Jean Nouvel, est-il raisonnable d’en rajouter encore en bétonnant l’Ile Seguin ?

Liens utiles

Le Parisien du 29 septembre 2012 : le propriétaire du 57 métal veut le détruire

http://www.leparisien.fr/espace-premium/hauts-de-seine-92/le-proprietaire-du-57-metal-veut-le-demolir-28-09-2012-2184971.php

L’aménagement intérieur du 57 métal

 

http://www.blogarchiphoto.com/archives/2012/02/06/23445869.html

 

Le fumeux projet de gare du Grand Paris Express

http://www.pmduhamel.fr/notre-ville/40-grand-paris-express-une-reunion-en-trompe-l-oeil#.URfIg1eQAmE

Les soucis financiers de Grand Paris Express

http://grandparis.blogs.liberation.fr/vincendon/2012/12/cela-fait-%C3%A0-peine-quatre-jours-que-pascal-auzannet-a-remis-son-rapport-sur-le-grand-paris-express-%C3%A0-la-ministre-c%C3%A9cile-duf.html

Le Pavillon sur l’Ile Seguin : Pavillon de mémoire ou de propagande ?

http://www.sauvonslileseguin.com/ile-seguin-bravo-au-pavillon-lieu-de-memoire-non-au-pavillon-lieu-de-propagande/

 

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