Plus que deux tours sur l’île Seguin

Le projet de Jean Nouvel pour Boulogne va être revu à la baisse. La nouvelle version sera présentée au conseil municipal du 16 février. Les associations de riverains veillent.

Roberto Cristofoli | Publié le 07.02.2012, sur le Parisien.fr

Cinq, puis quatre… puis deux. Les « châteaux » censés pousser sur l’ancien paquebot de Renault resteront au stade d’images de synthèse. Seuls deux buildings devraient finalement survivre à la polémique. C’est ce qu’ont entendu les associations de défense de l’environnement à l’initiative de recours contre le plan local d’urbanisme (PLU) voté en juin par la ville de Boulogne, qui prévoit jusqu’à présent 330000 m2 de constructibilité et cinq tours, dont une de plus de 100 m de haut.

Lors d’une réunion de la commission Seguin-Rives de Seine, la semaine dernière, les élus boulonnais auraient confirmé le reformatage du projet de Jean Nouvel présenté le 7 juillet 2010, dont les travaux devaient débuter cette année pour s’achever en 2017. En indiquant que les constructions ne dépasseraient pas 250000 m2 et que deux tours seulement, contre cinq prévues initialement, figureraient au projet, qui doit être présenté le jeudi 16 février au conseil municipal. Sollicité, le député-maire (UMP), Pierre-Christophe Baguet, n’a pas donné suite. Mais dans une interview récente à nos confrères de « l’Express », l’élu le confirme : « Le nouveau projet sera beaucoup moins polémique […] Mon objectif est donc de réduire le projet à deux tours maximum sur l’île. »

Une position commune des défenseurs de l’environnement

« Nous nous réunissons ce mardi soir entre associations du G8 (NDLR : le regroupement de huit associations de défense de l’environnement) pour déterminer une position commune, lâche Jean-Louis Tourlière. Mais pour Boulogne-Environnement que je préside, une chose est sûre : il faut un projet global et pas une négociation de marchand de tapis. » D’autant que, si trois tours disparaissent — en fait deux, car la troisième ne pouvait pas se faire, le président du conseil général, Patrick Devedjian, n’en voulant pas sur la pointe aval occupée par le complexe culturel du département — il va falloir équilibrer financièrement l’opération. « Pour cela, après avoir vendu au prix du mètre carré culturel, c’est-à-dire à bas prix, la pointe aval et la pointe amont (où doit s’installer l’entreprise genevoise Natural Le Coultre, spécialiste du transport et du stockage d’objets d’art), il ne reste plus qu’à commercialiser une partie au prix fort pour du logement », croit comprendre Jean-Louis Tourlière.

Responsable de Val de Seine vert, autre association auteur d’un recours contre le projet Jean Nouvel, Alain Mathioudakis s’en tient aux écrits passés : « Nous avons signé un accord en 2005 avec le maire de l’époque, Jean-Pierre Fourcade, qui parlait d’un plan local d’urbanisme permettant la construction de 175000 m2 sur l’île. Et nous nous y tenons. »

Autre association mécontente de la tournure des événements, Sauvons l’île Seguin. « Le maire actuel avait promis de ramener les droits à construire à 110000 m2, faisant de l’île Seguin un thème majeur de sa campagne, estime l’association sur son site. C’était un chiffre très raisonnable, sur lequel il a été élu. » L’association sait que « comparaison n’est pas raison », mais elle donne tout de même un exemple : « Pour qu’on se rende compte de l’énormité de la chose, 250000 m2, c’est plus de trois fois les tours du pont de Sèvres (70000 m2). Regardez la taille de cet énorme pâté de béton qui défigure le pont de Sèvres, et imaginez-le maintenant multiplié par plus de trois fois sur notre petite île », ragent les riverains. Une petite île désertée par le constructeur automobile Renault depuis vingt ans déjà.

Plus de 3 fois ça sur l’Ile Seguin ?

 

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