Ile Seguin : pas d’accord au 31 juillet 2015

Posted by on Juil 26, 2015 in Actualité | Commentaires fermés sur Ile Seguin : pas d’accord au 31 juillet 2015

L’avis des associations : la concertation doit se poursuivre autour d’un vrai projet

Le chantier de la Cité Musicale de l'Ile Seguin

Le chantier de la Cité Musicale de l’Ile Seguin

Le Maire de Boulogne-Billancourt avait convié début juin les associations parties prenantes au recours en justice contre le PLU (Plan Local d’Urbanisme) de l’Ile Seguin, à une concertation pour tenter de sortir de l’impasse. Il faut dire que ces recours avaient déjà réussi à faire annuler par le tribunal administratif le PLU de 2011, et que l’adaptation dudit PLU en 2013 est elle aussi frappée de recours, avec de fortes chances d’aboutir au même résultat.
A l’issue d’un marathon de réunions menées en 3 semaines, le maire de Boulogne-Billancourt proposait à son conseil municipal du   9 juillet une modification de son projet, sous forme d’une légère réduction de la densité (240 000m2 contre 255 000m2) et une limitation de la hauteur à 50 m (dernier plancher, ce qui équivaut à une hauteur d’environ 65 m soit 18 étages).

Il demandait à la même occasion aux associations de retirer leurs recours avant le 31 juillet 2015.
A quelques jours de l’échéance nous avons voulu connaitre l’opinion des associations AEBB (Actions Environnement Boulogne-Billancourt) et Boulogne Environnement, qui ont toutes les deux pris part à la concertation.

 

Agnès Bauche, présidente d’AEBB : « si accord il y a, ce sera après le 31 juillet ».

Cela faisait 4 ans, voire 7 ans depuis l’élection de Pierre-Christophe Baguet en 2008 ,  qu’on attendait ça : une rencontre avec le maire pour parler de ses projets sur l’Ile Seguin.

En 2008, il arrête le projet en cours de ses prédécesseurs pour lui substituer, 2 ans plus tard, « Manhattan sur Seine », projet de Jean Nouvel à 335000 m² construits et des « tours châteaux ».

Depuis, les habitants des deux rives et les associations d’environnement et d’urbanisme cherchent le dialogue avec  lui pour en évaluer le retentissement sur la ville. Quand on ne peut pas parler directement, on ne peut le faire que par l’intermédiaire d’avocats. C’est ce à quoi ont été acculées les associations. Elles ont été contraintes à déposer des recours, d’abord « gracieux », puis, sans réponse, contentieux.

En 2013, le tribunal leur donne raison une première fois en déclarant illégal le PLU 2011. On attend sa décision pour la suite et le PLU 2013

Enfin, début juin 2015, pour la première fois, le maire nous invite tous autour d’une table. Pour parler ? Non, pour négocier sous la pression d’une horloge infernale : entre le 9 et le 30 juin, il faut que nous retirions nos recours, sinon, la métropole du Grand Paris, ou le territoire de GPSO pourraient décider à la place du maire !

Quel dommage que ce travail d’écoute et de parole n’ait pas été ouvert plus tôt ! On ne fait rien de bien dans l’urgence, et si c’était chose simple, le problème serait résolu depuis 10 ou 20 ans.

 

Néanmoins, lors du Conseil Municipal du 9 juillet, le maire a pu reconnaître que même son projet actuel de 255000 m² , bien que trop dense, n’était pas équilibré financièrement, mais qu’il était prêt à consentir un  sacrifice supplémentaire de 15000 m² de constructions.

 Pour AEBB, ce n’est pas ainsi que le problème se pose. On construit une ville pour 100 ans et plus. Elle doit réunir le maximum d’atouts pour être agréable et saine à vivre durablement. Sans négliger la composante financière, nous pensons que ce n’est pas l’impasse budgétaire d’aujourd’hui  qui doit décider de la ville de demain. Nous déciderons sur un projet, une vision à long terme de cette entrée par notre ville au cœur de la métropole nationale.

A ce nœud stratégique, nous ne voulons pas ajouter de pollution et de complication. Nous pensons en outre que les équipements et infrastructures prévues dépassent l’échelle boulonnaise, et qu’il n’y a pas de raison que leur financement soit exclusivement assumé par les Boulonnais.

On parle… c’est très positif.

Cette mi-juillet, deux négociations ont été menées à leur terme : celle de Tsipras avec les créanciers de la Grèce, et celle sur le nucléaire iranien. Pour une heureuse conclusion sur l’Ile Seguin, après avoir fait entendre nos arguments, nous attendons le projet consensuel que la mairie ou la SPL (société publique locale remplaçant la SAEM) nous proposera. Depuis notre dernière réunion du 30 juin, nous n’avons aucune nouvelle, donc, si accord il y a, ce sera après le 31 juillet.

 

 Jean-Christophe Haemmerlé, président de Boulogne Environnement : « nous ne ferons pas un Lego baclé sur l’Ile Seguin »

L’initiative tardive du maire de commencer à parler avec les associations est saluée par BE comme un début de bonnes pratiques de démocratie de proximité.

L’association a détaillé les sujets qui lui tiennent à cœur et les représentants de la mairie et de la SAEM semblent en avoir pris notes. 

Le communiqué du maire lors du rapport de la SAEM au conseil municipal dissipe les doutes : les 6 ans qui viennent de s’écouler dans le provisoire et les scénarios irréalistes ont coûté beaucoup d’argent. Revenir à des projets humains et vivables, même au détriment de l’équilibre financier immédiat semble maintenant un objectif partagé par la municipalité. BE espère que la mairie et la SAEM vont revenir au plus tôt devant les associations d’urbanisme et d’environnement avec des améliorations sensibles sur lesquelles il sera possible de trouver un consensus. 

En tout état de cause, après 4 ans d’immobilisme, les ultimatums et l’urgence ne tiendront lieu ni de prétexte, ni de projet. La ville se construit pour les générations futures autant ou plus que pour l’actuelle. Les politiques ont pour échelle du temps celui de leur mandat, les associations réfléchissent sur le long terme. Nous ne ferons pas un LEGO bâclé sur l’Ile Seguin. 

 

L’avis des riverains de l’Ile Seguin :

Nous partageons la position des deux associations. La municipalité de Boulogne-Billancourt est entièrement responsable du blocage du projet de l’Ile. Elle avait hérité en 2008 d’un PLU de 175 000m2, purgé de tout recours, et qui aurait permis à l’Ile de commencer à se construire.

En voulant imposer le ridicule projet Nouvel, ses tours et son bétonnage massif, le maire de Boulogne a fait perdre 7 ans, et réussi à plonger le projet dans l’impasse avec un PLU illégal.

Cela a couté beaucoup d’argent, fait gagner plusieurs millions d’euros en honoraires à M. Nouvel, et gaspillé l’argent public en réalisations éphémères.

Le maire entend aujourd’hui après 7 ans perdus imposer en 3 semaines un accord sur un projet très flou, sans aucune garantie et encore très dense. Que diraient les habitants des deux rives si en lieu et place des tours se dressait une muraille de 65 m de haut sur toute la longueur de l’Ile ? En demandant la vision d’un véritable projet, et la poursuite de la concertation retrouvée, les deux associations ne font qu’exprimer un point de vue de pur bon sens.

Voir aussi :

Il n’y aura pas de tour sur l’Ile Seguin

http://www.sauvonslileseguin.com/il-ny-aura-pas-de-tour-sur-lile-seguin/

La concertation reprend pour sortir de l’impasse

http://www.sauvonslileseguin.com/ile-seguin-la-concertation-reprend-pour-sortir-de-limpasse/

 

 

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Il n’y aura pas de tour sur l’Ile Seguin

Posted by on Juil 3, 2015 in Actualité | Commentaires fermés sur Il n’y aura pas de tour sur l’Ile Seguin

La hauteur maximale serait plafonnée à 50m.

Ile Seguin

Arc en Ciel sur l’Ile Seguin

Le Parisien du 3 juillet 2015 titre sur les propositions que le Maire de Boulogne-Billancourt, Pierre-Christophe Baguet, va faire aux associations à l’issue de la concertation engagée au début du mois de juin.

Ces propositions acteraient le retrait du projet de la Tour proposée par Jean Nouvel culminant à 120 m de hauteur pour limiter la hauteur maximale à 50m. C’est toujours une hauteur importante représentant environ 15 étages.

Le Parisien 3 juillet 2015

Le Parisien 3 juillet 2015

La densité serait légèrement réduite pour passer de 255 000 m2 à 240 000m2.

Pour aider à concrétiser ce que veulent dire ces chiffres :

  • L’imposante Cité Musicale, portée par le département des Hauts-de-Seine, dont chacun peut observer le rapide avancement des travaux, ce sont 36 500 m2 sur la pointe aval.
  • Le projet culturel R4 sur la pointe amont, ce sont 33 000 m2
  • City Lights, les trois imposantes tours du Pont de Sèvres actuellement en cours de rénovation, ce sont 82 000 m2.
Projet de rénovation des tours du Pont de Sèvres : 84 000m2

City Lights, les tours du Pont de Sèvres

Une densité de 240 000 m2, si on soustrait les deux pointes d’un total de  69 500 m2, cela laisse près de 170 000 m2 à tasser au centre de l’Ile soit deux fois les tours du Pont de Sèvres. C’est donc considérable, et laisse bien augurer d’un mur de béton.

Ces propositions seront présentées au conseil municipal de Boulogne Billancourt le 9 juillet.
Après une concertation menée au pas de charge, avec 5 réunions en 3 semaines, en une frénésie de réunions contrastant avec les longues années perdues, la mairie demande aux associations de retirer leurs recours en justice contre la signature de ce protocole.
Si certaines d’entre elles, pour des intérêts particuliers, semblent prêtes à le faire et à accepter tel quel ce protocole d’accord pour une île encore très bétonnée avec sa « demi tour », d’autres associations vont réunir prochainement leur conseil en examinant :

  • Si le projet urbain peut être précisé et encore amélioré pour ce qui reste en l’état une vaste opération de bétonnage,
  • Si la question des transports et en particulier de la circulation automobile sur l’île et sur les berges peut être traitée (City Lights, ce sont 950 places de parking…)
  • La question de l’insécurité juridique que créerait le retrait de leurs recours face à une mairie qui n’en est pas à un retournement ou une trahison de promesse près en ce qui concerne l’Ile Seguin. Tous ont encore en mémoire les 110 000m2 que promettaient M. Baguet en 2008.

Reste que cette nouvelle proposition constitue bel et bien une avancée qu’il faut saluer, et la reprise d’ un dialogue qui avait été totalement rompu pendant de trop longues années.

Liens utiles

La concertation reprend pour sortir de l’impasse :

http://www.sauvonslileseguin.com/ile-seguin-la-concertation-reprend-pour-sortir-de-limpasse/

Les tours City Lights du Pont de Sèvres

http://citylights-boulogne.com/

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Ile Seguin : la Cité Musicale couronnée, le Pôle R4 menacé

Posted by on Mar 16, 2015 in Actualité | Commentaires fermés sur Ile Seguin : la Cité Musicale couronnée, le Pôle R4 menacé

Les ennuis judiciaires d’Yves Bouvier, promoteur du projet R4, menacent le pôle culturel

La Cité Musicale de l'Ile Seguin

La Cité Musicale de l’Ile Seguin

2 pointes de culture, tout allait bien pour l’Ile Seguin…

Sur la pointe aval, la Cité Musicale du Conseil Général est couronnée

Ce projet, qui avait fait l’objet d’une information et d’une concertation exemplaires, avance maintenant rapidement. Aucun recours n’avait été émis à son encontre. Les travaux avancent à grands pas, comme en témoignent les grandes grues rouges qui s’activent sur le chantier. Ce complexe de 36 000 m2, doté d’une salle de spectacle d’une capacité de 6000 places et d’un auditorium de 1150 places devrait ouvrir ses portes comme prévu mi 2016.

Le Chantier de la Cité Musicale de l'Ile Seguin

Le Chantier de la Cité Musicale de l’Ile Seguin

Ce projet conçu par l’architecte japonais Shigeru Ban, en coopération avec l’architecte français Jean de Gastines, vient d’être désigné meilleur projet futur au Mipim de Cannes, salon des professionnels de l’immobilier. Sa coque de bois tressé en forme de nid d’oiseau devrait devenir une figure emblématique de l’architecture parisienne et « marquer le paysage sans l’agresser », comme le décrivait Patrick Deveidjian, président du conseil général des Hauts-de-Seine. Tout le contraire du sinistre projet de bétonnage et de la tour que veut ériger Jean Nouvel sur le centre de l’Ile.

 

Sur la pointe amont, tout se complique pour le projet R4 avec la mise en examen de Yves Bouvier, son promoteur suisse.

Le Parisien, 2 mars 2015

Le Parisien, 2 mars 2015

Tout semblait réglé pour le projet R4. 2 associations, Boulogne Environnement et AEBB, qui avaient déposé un recours contentieux contre le permis de construire délivré par la mairie de Boulogne-Billancourt venaient à l’issue d’un processus de concertation mené par Nelly Wenger, directrice du projet, d’accepter de les lever.
Les deux associations étaient en train de négocier les détails d’une convention de partenariat avec R4 portant sur la co-création d’événements permettant d’ouvrir le pôle culturel à un très large public. Coup de tonnerre quand tombe le 28 février 2015 la nouvelle de la mise en examen d’Yves Bouvier, promoteur du projet R4, et propriétaire de la société suisse Natural le Coultre, spécialiste des paradis fiscaux modernes que sont les ports francs.

 Mise en examen, perquisitions et gel mondial des avoirs pour Yves Bouvier

C’est sur plainte d’un milliardaire russe, Dimitry Rybolovlev, propriétaire de l’AS Monaco, qu’Yves Bouvier vient d’être mis en examen à Monaco pour une sombre affaire d’escroqueries et complicité de blanchiment portant sur la cession d’œuvres d’art pour une valeur de plusieurs centaines de millions d’euros. Mis en garde à vue, M. Bouvier a été relâché contre une caution de 10 millions d’euros. L’enquête en cours a entrainé plusieurs perquisitions dans les bureaux genevoix de Natural le Coultre, et le gel de ses avoir mondiaux décidé par un tribunal de Singapour, ville où M. Bouvier opère l’un de  ses ports francs.

Le Temps Bouvier gel des avoirs

Le Temps, 13 mars 2015

M. Bouvier bénéficie évidemment de la présomption d’innocence. Cependant, jusqu’à conclusion de cette affaire, M. Bouvier ne cache pas son intention de geler un certain nombre de projets. Il déclare ainsi au journal suisse Le Temps, du 6 mars 2015 : « J’ai dû mettre des projets en stand-by, et certains le resteront jusqu’à ce que cette affaire soit réglée ». Une menace incontestable pour R4 dont le budget dépasse les 150 millions d’euros.

 Le paradis fiscal des ports francs sous pression

Au-delà de l’inculpation pour escroquerie, c’est tout le système des ports francs sur lequel M. Bouvier a créé sa fortune qui revient sur le devant de la scène. Rappelons que ces coffres-forts ultra sécurisés hébergés à Genève, Luxembourg et Singapour, permettent aux grandes fortunes du monde entier d’entreposer à l’abri des regards curieux, et surtout des inquisitions du fisc, des trésors en toute discrétion. Depuis la levée du secret bancaire suisse, ces paradis fiscaux d’un nouveau genre n’ont jamais connu autant de succès, suscitant par là même de nouvelles pressions des autorités douanières et fiscales, notamment en Suisse.

Le Monde, 23 avril 2014

Le Monde, 23 avril 2014

Le Monde, 13 avril 2014

Les ports francs de Genève abriteraient 100 milliards d’euros exonérés de droits de douane…

Ce régime très particulier sera-t-il remis en question ? C’est peut être l’un des enjeux de l’affaire Bouvier. S’il devait l’être, M. Bouvier aurait sans doute d’autres soucis que R4 à affronter, et le financement de ce projet risque bien de ne plus être sa priorité…

Alors que tous les obstacles juridiques étaient levés, R4 trébuchera-t-il sur les ennuis judiciaires de son promoteur ? Décidément la saga de l’Ile Seguin est bien mouvementée…

Lire ici notre dossier :

http://www.sauvonslileseguin.com/ile-seguin-projet-r4-les-questions-qui-derangent/

Le Point 27 février 2015 : Les ports francs de Geneve, l’autre coffre fort suisse :

http://www.lepoint.fr/societe/les-ports-francs-de-geneve-l-autre-coffre-fort-suisse-27-02-2015-1908462_23.php

 

 

 

 

 

 

 

 

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Après le rejet de la Tour Triangle, quel avenir pour la Tour de l’Ile Seguin ?

Posted by on Nov 24, 2014 in Actualité | Commentaires fermés sur Après le rejet de la Tour Triangle, quel avenir pour la Tour de l’Ile Seguin ?

Le projet de Tour Triangle à Paris, le projet de triple Tour sur l’Ile Seguin à Boulogne-Billancourt.

Le projet de Tour Triangle à Paris, le projet de triple Tour sur l’Ile Seguin à Boulogne-Billancourt.

Le 17 novembre 2014, le Conseil de Paris a rejeté par 83 voix contre 78 le projet de la Tour Triangle à la Porte de Versailles. Ce projet d’une tour de bureaux de 180 m de haut était désavoué par la majorité des Parisiens (66% selon un sondage BVA).

Anne Hidalgo, maire de Paris, a décidé porter un recours devant le tribunal administratif contre ce vote, nul selon elle parce que le secret du vote n’aurait pas été respecté.

Ce vote des conseillers de Paris est néanmoins une grande victoire pour les opposants à ce projet délirant qui voulait défigurer Paris, et tout particulièrement pour nos amis du Collectif contre la Tour Triangle, qui ont mené avec efficacité la bataille.

Contre les tours isolées

Cette défaite de la Tour Triangle est une nouvelle manifestation du refus de miter le paysage du Grand Paris de tours isolées qui défigureraient le visage de la région capitale.
Si ce refus parait évident à Paris, il l’est tout autant sur l’Ile Seguin, site unique, où il serait complètement aberrant d’élever une tour si haute qu’elle dépasserait de loin la hauteur des coteaux de Meudon dans laquelle l’Ile est enchâssée, et qui dresserait face à Boulogne-Billancourt une muraille de béton.

Les riverains de l’Ile Seguin et ceux de la Tour Triangle sont solidaires dans ce combat pour un urbanisme équilibré, le respect des sites et des habitants. Il y a une place économique pour la Défense, mais qui veut y vivre ?

 

Mobilisation générale contre les tours isolées : capture d’écran du JT de France 3

Mobilisation générale contre les tours isolées : capture d’écran du JT de France 3

Union des bétonneurs

S’il fallait encore une preuve que le bétonnage à outrance provoque des alliances inattendues, on observera que la maire PS de Paris, Anne Hidalgo, a revendiqué haut et fort le soutien de certains maires de la périphérie, en tête desquels on notera la présence de Pierre-Christophe Baguet, UMP et maire de Boulogne-Billancourt. Tous deux fraichement élus, puissent-ils méditer sur le fait que si les électeurs les ont portés aux responsabilités, ce n’est certainement pas pour leur donner un blanc-seing général sur toutes leurs opérations. M. Baguet, qui critique violemment la maire de Paris pour son projet d’extension du stade Roland Garros qui menace les serres d’Auteuil (ce dont nous le félicitons au nom de la protection du patrimoine et de l’environnement) pense certainement à sa propre tour quand il lui apporte son soutien de façon aussi visible.

C’est avec moins de surprise qu’on aura noté le soutien appuyé de Jean Nouvel à la Tour Triangle. Le « starchitecte » à l’ego démesuré ne rêve que de tours à Paris. Après l’échec de la Tour Infinie, puis de la Tour Signal à la Défense, il a trouvé deux alliés de choix en Anne Hidalgo qui lui offre 2 tours jumelles, les DUO, à la porte d’Italie et en Pierre-Christophe Baguet, qui lui offre une tour et un bétonnage massif sur l’Ile Seguin. Il a manifesté sa reconnaissance en se multipliant dans les media au secours de la Tour Triangle.

Faux débat des anciens contre les modernes

A l’occasion du débat sur la tour Triangle sont ressortis les traditionnels arguments éculés : « avec vous, on n’aurait jamais construit la tour Eiffel », vous êtes vieux et conservateurs, bref l’éternelle opposition entre anciens et modernes.

Ces arguments avaient servi à justifier quelques crimes d’urbanisme à Paris, comme la Tour Montparnasse, l’édifice le plus détesté de France ou l’immonde forum qui a remplacé les fantastiques halles de Baltard. Nous ne nous sentons en aucun concernés. Nous avons applaudi ainsi l’ouverture de la fondation Vuitton de Frank Gehry au Bois de Boulogne à Paris, et toujours soutenu la Cité Musicale de l’Ile Seguin, de Shigeru Ban.

Ces deux témoignages d’architecture à la forte personnalité démontrent qu’on peut marquer le paysage sans l’agresser, être un signal très visible sans avoir besoin d’écraser son environnement.

La fondation Vuitton

La fondation Vuitton

Les tours de bureaux, archaïques et aberrantes

Sur un marché parisien saturé, où le taux de vacances, y compris à la Défense, n’a jamais été aussi élevé, Madame Hidalgo entendait ajouter 92 500 m2 de bureaux. Quant au projet Nouvel/Baguet, ce ne sont pas moins de 112 000 m2 de bureaux qu’il entend tasser sur l’Ile Seguin !

Alors même que le Grand Paris manque dramatiquement de logements,  alors même que la construction de logements est au plus bas, cette obstination malsaine de certains élus à élever des tours de bureaux est curieuse et économiquement périlleuse. Cela est d’autant plus vrai sur une ile aux accès compliqués et éloignée des transports en commun.

En outre, il est aujourd’hui démontré que les tours sont une mauvaise réponse en termes de densification du territoire, d’écologie et de coût de construction. Une étude du cabinet Setec, (source : les Echos), démontre que les coûts de construction des immeubles de plus de 50 m sont plus élevés de 30 à 35% que ceux des bâtiments classiques. Responsables de ces couts : la moindre efficacité des surfaces occupées par un noyau épais qui maintient l’immeuble, les ascenseurs de plus en plus sophistiqués, la climatisation et les normes de sécurité.

Quel avenir pour l’Ile Seguin ?

L’Ile Seguin avance. La Cité Musicale du Conseil Général des Hauts-de-Seine se construit. Ce projet que nous avons toujours soutenu va occuper la pointe aval de l’Ile. Sur la pointe amont devrait s’édifier le projet de Pôle Culturel R4, plus controversé. Néanmoins, après concertation avec ses promoteurs, et avoir obtenu une large ouverture du Pôle vers le public, nous avons levé notre recours contre le projet.
Les deux pointes de l’Ile se construisent donc, sans aucun obstacle désormais.

 

La Cité Musicale de l’Ile Seguin

La Cité Musicale de l’Ile Seguin

Au centre de l’Ile, c’est toujours l’impasse. Rappelons que le PLU de 2011 sur lequel était fondé le bétonnage massif de l’Ile a été annulé par le tribunal administratif de Cergy-Pontoise. Le PLU de 2013, qui n’en est qu’une adaptation, est frappé de recours et devrait suivre le même sort.

Il est temps de sortir de l’impasse et d’aller de l’avant. La voix de la sagesse est de renoncer au bétonnage massif, aux 112 000 m2 de bureaux, à la tour, et de revenir à un projet apaisé et consensuel, à une architecture contemporaine et audacieuse si l’on veut, mais qui respecte le site, comme la Fondation Vuitton, comme la Cité Musicale. Cela mettrait fin aux recours, et débloquerait un projet qui est dans l’impasse depuis 6 ans.

Rejetons la triple Tour de l’Ile Seguin, comme les Parisiens ont rejeté la Tour Triangle.

 

Liens utiles

Consensus autour de la Cité Musicale de l’Ile Seguin

http://www.sauvonslileseguin.com/consensus-autour-de-la-cite-musicale-de-lile-seguin/

Le vrai visage du projet de bétonnage du centre de l’Ile Seguin, nos images exclusives

http://www.sauvonslileseguin.com/exclusif-voici-la-muraille-de-beton-baguetnouvel-pour-lile-seguin/

Les Echos : la nouvelle vague de la Défense, les coûts des tours :

http://www.lesechos.fr/industrie-services/dossiers/0201510934131/0202306846581-la-nouvelle-vague-de-la-defense-369094.php

 

 

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Ile Seguin : Les associations lèvent leur recours, feu vert pour le projet R4

Posted by on Sep 2, 2014 in Actualité | Commentaires fermés sur Ile Seguin : Les associations lèvent leur recours, feu vert pour le projet R4

Les associations maintiennent leur opposition au bétonnage du centre de l’Ile

Ile Seguin R4

Le projet R4 de création d’une micro-ville artistique, soutenu par la société suisse Natural le Coultre, se heurtait jusqu’ici à un sérieux obstacle.

2 associations de défense de l’Environnement, Actions Environnement Boulogne Billancourt et Boulogne Environnement, avaient en effet déposé un recours contentieux contre le permis de construire délivré par la mairie de Boulogne Billancourt à la SCI R4.

La première préoccupation des associations était que R4 ne serve pas de « cheval de troie » au bétonnage massif de l’Ile, et que leur accord sur ce projet ne soit pas compris comme acceptation du PLU  de 2013. La deuxième préoccupation était que R4 soit aménagé en tant que projet d’intérêt général, donc avec un objet très différent de l’activité principale de son actionnaire, à savoir le stockage d’œuvres d’art dans des lieux hautement sécurisés, à l’abri du fisc, dans les ports francs de Genève, Luxembourg et bientôt Singapour.

Suite à l’annulation par le tribunal administratif de Cergy-Pontoise du PLU qui servait de base à l’ensemble du projet de bétonnage Nouvel, Mme Wenger, directrice de R4, percevant le risque créé pour son projet par cette annulation,  a voulu entamer  un dialogue avec les associations.

Au terme de discussions intenses, un accord a été trouvé entre les associations et Mme Wenger.

–          Même si au regret des associations, R4 ne sera pas géré sous l’égide d’une fondation, les espaces de création et d’exposition seront très largement ouverts au public. R4 abritera bien des réserves et assurera donc sa fonction d’entreposage, cœur de métier de la société Natural le Coultre, mais la plus grande partie possible de ces réserves seront visitables. Les galeries d’art et la halle d’exposition qui seront intégrées au projet contribueront à faire de R4 un lieu public. Enfin, l’élaboration d’une offre pédagogique à destination des élèves des écoles de la ville sera mise au point.

–          Les associations seront partenaires privilégiées, et seront consultées pour l’intégration de R4 dans le site. Elles seront également associées à sa programmation, dans un esprit de garantie d’ouverture à un public large, et pas seulement à de riches et fortunés amateurs. Elles pourront elles-mêmes organiser des événements au sein de R4.

2 pointes de culture, pas de cœur de béton !

Par cet accord, les associations Boulogne Environnement et AEBB témoignent de leur volonté de faire avancer l’aménagement de l’Ile Seguin. Elles font ainsi preuve de l’esprit positif qui les anime dès lors qu’un projet s’inscrit dans le cadre de l’intérêt général, en respectant le site et dans une conception équilibrée de l’urbanisme.

Cela avait été le cas avec la Cité Musicale du Conseil Général qui va occuper la pointe aval de l’Ile. Le projet de Cité Musicale a été mené en un temps record. Moins de 2 ans et demi ont séparé le lancement de l’appel d’offres et le premier coup de pioche. Grâce à une excellente concertation, aucun recours n’a été formulé contre la Cité Musicale.

Cité Musicale. Capture d’écran du site d’information.

Cité musicale de l’Ile Seguin. Copie d’écran du site d’information.

Avec la Cité Musicale sur la pointe aval,  avec l’accord trouvé autour de R4 sur la pointe amont, les associations de défense de l’environnement témoignent de leur volonté d’aller de l’avant et de sortir de l’impasse dans laquelle le projet de bétonnage Nouvel, basé sur le PLU annulé de 2011, a plongé l’aménagement de l’Ile.

Entre ces 2 pointes dédiées à la culture, les associations, les riverains et les amoureux de l’Ile Seguin sont plus que jamais décidés à faire reculer l’absurde projet de bétonnage du cœur de l’Ile, basé sur une muraille de béton et une tour massive.

Ile Seguin. La muraille et la tour.

Ile Seguin. La muraille de béton et la tour.

AEBB et Boulogne Environnement réaffirment dans un communiqué commun que le retrait de leur recours contre R4 ne marque pas la fin de leur action contre l’annulation du PLU de 2013 et le projet de bétonnage et de tour au centre de l’Ile.

« Comme nous l’avons déjà affirmé par le passé, nous avons toujours été favorables au projet R4. Nous nous sommes opposés à son permis de construire parce que nous contestons le PLU dans lequel il est inscrit. Nous sommes attachés au droit qui est en effet le seul recours des habitants quand le dialogue constructif ne parvient pas à s’instaurer […] De plus nous avons eu la confirmation par notre conseil juridique que les procédures contre R4 et le PLU sont indépendantes. Ainsi [..] nous avons pu déconnecter les deux actions et retirer notre recours », a déclaré Agnès Bauche, Présidente d’AEBB.

Les vertus du dialogue

« Cela prouve que le temps d’un projet culturel a pu s’inscrire dans celui de la décision publique et du dialogue qui anime la société civile », s’est félicité Nelly Wenger, directrice du projet R4, dans un article des Echos du 2 septembre 2014.

Pour sa part, Jean-Christophe Hammerlé, Président de Boulogne-Environnement, a déclaré : «En tant qu’acteur associatif c’est la pertinence d’un projet pour la ville et les Boulonnais qui guidé notre action. Madame Wenger a su nous apporter des réponses convaincantes à nos préoccupations sur la façon dont le R4 allait vivre et s’insérer sur l’Ile et au sein de son écosystème. Le nouveau bureau de Boulogne Environnement s’est engagé dès son élection à faire avancer le projet R4. Nous nous réjouissons du travail de concertation très riche qui a permis de renforcer cette adéquation en prévoyant d’associer dès aujourd’hui Boulogne Environnement sur des aspects clés du projet. Ce travail en commun portera sur les thèmes liés à l’insertion dans le territoire, la vocation culturelle et l’ouverture au plus large public ».

 Dialogue, concertation. Ce sont les mots clés qui ont permis qu’aujourd’hui avec la Cité Musicale, qui fait consensus, et R4, débloqué, la vocation culturelle de l’Ile Seguin se concrétise.

Dialogue, concertation, et si c’était la clé pour sortir de l’impasse, et de la folie bétonnière qui menace le centre de l’Ile ?

Liens utiles

Les Echos du 2/9/14

http://www.lesechos.fr/industrie-services/services-conseils/0203741813438-feu-vert-a-la-construction-du-pole-art-de-lile-seguin-1038385.php

 Consensus autour de la Cité Musicale de l’Ile Seguin

http://www.sauvonslileseguin.com/consensus-autour-de-la-cite-musicale-de-lile-seguin/

 Dès février 2012, nous approuvions les deux pointes de culture, et nous opposions au cœur de béton

http://www.sauvonslileseguin.com/ile-seguin-deux-pointes-de-culture-un-coeur-de-beton/

 

 

 

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