Bolloré va-t-il sauver l’Ile Seguin ?

Posted by on Jan 10, 2018 in Actualité | Commentaires fermés sur Bolloré va-t-il sauver l’Ile Seguin ?

Le campus Vivendi, un espoir pour sortir de l’impasse

Emplacement du campus Vivendi au centre de  l'Ile Seguin

Emplacement du campus Vivendi au centre de l’Ile

En mars 2017, le groupe Vivendi dirigé par Vincent Bolloré signait une promesse de vente pour les 4,5 hectares située au centre de l’Ile, pour y édifier un campus, un « village numérique » regroupant l’ensemble de ses activités dans les médias et les contenus. L’ensemble représente un investissement de plus de 300 millions d’€ dont 70 millions versés à titre d’acompte. Autant dire une excellente affaire pour la ville de Boulogne-Billancourt.

Le groupe Vivendi y réunirait ainsi des sociétés aussi renommées que Canal +, Havas ou Universal Music.

Concertation

Rompant avec la politique des coups de force et des diktats qui avaient prévalu jusqu’ici, Vincent Bolloré a entrepris une concertation avec les associations de défense de l’environnement qui sont actuellement toujours recours contre le PLU de l’Ile Seguin, Boulogne Environnement et AEBB. Ce sont plusieurs réunions de travail qui ont été tenus dans la plus grande discrétion en présence d’Anthony Béchu, lauréat du concours d’architectes lancé par Vivendi.

Dans l’esprit positif qui les a toujours animées, les associations ont fait part des aménagements qui permettraient de sortir de l’impasse :

  • Réduction de la densité visible
  • Aménagement des niveaux en terrasses diminuant l’effet de mur uniforme
  • Réduction de la hauteur maximale, prévue à 91 m NGF, en particulier de la tour prévue au centre de l’Ile.
  • Aménagement de transparences entre les rives
  • Aménagement des berges pour les transformer en lieu de promenade et de détente, au lieu de la muraille de béton prévue par Jean Nouvel
  • Agrandissement du jardin et verdissement généralisé du paysage urbain

 

Le projet Béchu

Anthony Béchu n’a pas peur des tours, quand elles s’inscrivent dans un environnement qui le réclame. Ce grand architecte est ainsi l’auteur de la Tour D2 à la Défense dont la silhouette élégante est devenue emblématique du quartier d’affaires, avec son exo-structure innovante en acier.

La Tour D2 à la Défense

La Tour D2 à la Défense

Pour l’Ile Seguin, Anthony Béchu a tenu au contraire à concevoir un ensemble qui s’insère le plus harmonieusement possible dans l’environnement de ce site remarquable au cœur d’une boucle de la Seine.

La surface de jardin a été augmentée, le projet aménagé progressivement au cours de ces plusieurs séances de travail et de concertation.

Grand jardin, transparences entre les rives, promenades verdies sur les berges, immeubles en gradins et terrasse verdoyantes, hauteur maximale à 71 m NGF aligné sur le dôme de la Cité Musicale et le faîte de la fondation Emerige, avec un seul immeuble de grande hauteur au niveau abaissé à la hauteur de la voile solaire de la Seine Musicale. L’ensemble respecte les hauteurs maximales déjà acceptées par les associations pour la Seine Musicale et la Fondation d’Art Emerige.

Malgré une densité importante, le projet de campus Vivendi offre à l’Ile Seguin un projet contemporain dédié aux créations d’aujourd’hui dans une architecture humaine et maitrisée qui s’inscrit harmonieusement dans le paysage .

La circulation automobile sera extrêmement restreinte sur l’Ile, les accès réservés au personnel étant situés à l’extrémité des ponts menant à l’Ile. L’ile sera desservie par un tramway électrique en site propre conçu par le groupe Bolloré, animé par un système révolutionnaire de recharge par induction.

Liés par la confidentialité qui a permis à l’équipe de Vivendi de travailler avec nous dans la sérénité et à l’abri des pressions, nous espérons pouvoir révéler prochainement les premières images du projet afin que l’ensemble des habitants et des riverains puisse se forger une opinion.

 

Un projet innovant bien inscrit dans la Vallée de la Culture

Vivendi est le leader français de la communication de l’industrie culturelle. Universal Music, leader mondial de l’industrie musicale, est riche d’un catalogue réunissant les plus grandes stars populaires (Elton John, U2, Lady Gaga, Rolling Stones , Kanye West, Louane,  etc …) et le label classique de référence avec Deutsche Grammophon. La complémentarité avec les deux salles de la Seine Musicale est évidente, tant avec la grande salle de 5000 places qu’avec le splendide auditorium de Shigeru Ban dédié à la musique classique. Canal Plus devrait installer ses plateaux de tournage sur l’Ile, complétant ainsi l’offre par la création audiovisuelle. Le groupe Havas, puissant dans les média et la communication viendra compléter un véritable « village numérique », où toutes ces équipes fonctionneront en synergie créative. Une grande rue centrale couverte par un toit transparent traversera le village, reliant la Seine Musicale à la Fondation d’Art Emerige et aux Cinémas de la pointe amont.

Le Campus de l’Ile Seguin permettrait ainsi 25 ans après la sortie de la dernière automobile des usines Renault de faire renaitre sur l’Ile une industrie culturelle d’aujourd’hui, digitale et innovante.

 

 

Un nouveau caprice de la Mairie qui peut tout faire capoter

Jamais donc l’issue de ce feuilleton qui n’a que trop duré n’a parue si proche.

Un accord avec Vivendi permettrait aux associations de le faire transcrire dans le cadre de la médiation en cours sous les auspices du Président du tribunal administratif de Cergy-Pontoise, sous la forme d’une révision du PLU.
Cependant par un de ces coups de théâtre dont il est coutumier, le maire de Boulogne-Billancourt a sorti de son chapeau un de ses projets pharaoniques et improvisés dont il a le secret. Alors que le protocole d’accord avec le groupe Vivendi incluait la construction d’une salle réservée aux sports de 3000 places, le Parisien du 19 décembre nous révèle que le Maire veut maintenant imposer une salle d’un minimum de 5000 places, pouvant monter jusqu’à 8000 places. Tout cela pour accueillir le  club de basket … de Levallois !

Le Parisien du 19 décembre 2017

Le Parisien du 19 décembre 2017

Cette salle serait bien plus grande que la grande salle de la Cité Musicale, totalement en doublon avec elle pour les grands événements, et poserait inévitablement des problèmes de sécurité, d’accès et de nuisances sur cette petite ile brutalement contrainte à accueillir des foules qu’elle ne peut accepter. Quant au club de basket de Levallois, M. Balkany a sans doute les moyens de le faire payer par d’autres contribuables que les boulonnais !

La réalisation de ce mastodonte ne pourrait se faire qu’en empiétant une nouvelle fois sur le jardin et l’espace public, à savoir la grande esplanade verte de la Fondation d’Art. La mairie qui vient d’amputer le parc de Billancourt sur le Trapèze pour y réaliser un terrain de football, au grand dam des riverains, récidiverait. Décidément le maire de Boulogne hait les espaces verts !

D’ores et déjà les associations annoncent qu’elles refuseront qu’on augmente de nouveau la densité de construction sur l’Ile, qu’on mette en jeu la sécurité, qu’on augmente les nuisances et qu’on ampute le jardin.

Le Maire de Boulogne qui a signé en mars 2017 une promesse de vente dont le cahier des charges impliquait la création d’une salle de 3000 places, se renie quelques mois après… Pas sérieux …

Ce faisant, le maire de Boulogne prendrait la lourde responsabilité de faire échouer une solution qui semble si proche pour l’aménagement de l’ile Seguin. Après avoir paralysé toute construction sur l’Ile depuis 10 ans par son projet de tours avec Jean Nouvel, qui a entrainé l’annulation par le tribunal administratif de son plan local d’urbanisme, il ne pourrait en agissant de la sorte que saboter une nouvelle fois l’avenir de l’ile Seguin.

 

Conclusion des Présidents des Associations Boulogne Environnement et AEBB

Jean-Louis Tourlière, Président de Boulogne Environnement et Agnès Bauche, Présidente d’AEBB déclarent dans un communiqué commun :

« Nous avons toujours milité en faveur de la mise en place d’une concertation effective sur les projets d’aménagement de l’Ile Seguin.

2018 se présente sous de bons augures :

  • La conciliation proposée par la mairie en octobre 2016 débouche enfin sur des réunions concrètes sous la médiation du Président du Tribunal Administratif
  • Les porteurs de projets que sont le groupe Emerige, dirigé par Laurent Dumas, pour la Pointe amont, et le groupe Vivendi dirigé par Vincent Bolloré pour le centre de l’Ile ont initié des rencontres afin de concilier leurs désirs et leurs contraintes avec nos attentes en matière de cadre de vie, telles que nous les avons exprimées depuis plus de 20 ans pour les boulonnais et les riverains sévriens et meudonnais.

Nous saurons saisir ces opportunités. »

Liens utiles

La Fondation d’Art Emerige et l’aménagement de la pointe Amont

La Seine Musicale, des scènes d’exception

Annulation du PLU par le tribunal administratif

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Ile Seguin : rejet massif des tours de bureaux par les Boulonnais

Posted by on Jan 29, 2017 in Actualité | 1 comment

Un sondage sans ambiguïté affirme les choix des habitants

Ile Seguin

Photo : Ile Seguin, Le Point Spécial Boulogne, janvier 2017

Un sondage sur plus de 1200 personnes

L’association Boulogne-Environnement a fait réaliser un sondage exclusif sur un échantillon de plus de 1200 personnes résidant à Boulogne-Billancourt, dans tous les quartiers, ce qui le rend hautement représentatif. Les résultats ont été présentés le 25 janvier 2017 par Jean-Louis Tourlière, président de l’association, devant M. Gauthier Mougins, représentant la mairie. Tous les éléments représentant le cadre de vie à Boulogne ont été passés en revue : fusion Boulogne/Issy, circulation, services publics, urbanisme, vie culturelle, sécurité, propreté, grands projets (Roland Garros, Ile Seguin).

Pour l’Ile Seguin, un rejet massif des tours de bureaux

On se souvient qu’en 2012, la mairie avait fait réaliser une « votation » à caractère douteux imposant un faux choix entre 3 projets de bétonnage massif du même architecte Jean Nouvel. Le sondage a préféré donner une liberté de choix en demandant aux habitants de choisir librement les 3 aménagements qu’il fallait rejeter pour l’aménagement de l’Ile Seguin, et les 3 aménagements qu’il faudrait prioriser.

Les Boulonnais réclament des espaces verts, des équipements culturels et sportifs.

Ils veulent absolument éviter les tours et les bureaux.

Ile Seguin : les 3 priorités des Boulonnais

Ile Seguin : les 3 priorités des Boulonnais

Ile Seguin : les 3 aménagements à éviter

Ile Seguin : les 3 aménagements à éviter

Des choix logiques dans le cadre d’une ville jugée déjà trop dense et trop bâtie 

Boulogne-Billancourt est bien jugée comme une ville globalement agréable à vivre. Quelques points noirs comme la circulation, la propreté, la cohabitation des deux roues et des piétons sur les trottoirs, les transports en commun trop bondés, le bruit, ont été bien mis en lumière par le sondage. Ils feront l’objet de propositions à la mairie de la part de l’association. Il y a cependant un point qui fait l’unanimité des habitants : la ville est trop dense et trop bâtie. Ils réclament en toute logique que l’Ile Seguin,  le dernier grand aménagement qui reste à réaliser ne soit pas ultra-bétonné.

Boulogne-Billancourt : une ville trop dense selon ses habitants

Boulogne-Billancourt : une ville trop dense selon ses habitants

Et le projet actuel face à ces attentes ?

En ce qui concerne les équipements culturels, La Seine Musicale ouvrira ses portes en avril 2017, sur la pointe aval de l’Ile Seguin. Equipement de prestige, son esplanade est désormais ouverte au public. Ce projet a été rapidement mené, et à l’issue d’une concertation exemplaire, n’a fait l’objet d’aucun recours. Ce bâtiment imposant occupe à peu près le tiers de la surface de l’Ile.

En ce qui concerne la pointe amont, Yves Bouvier promoteur du projet R4, empêtré dans ses déboires judiciaires multiples, a cédé sa société au promoteur Emerige, dont le président Laurent Dumas est féru d’art contemporain et mécène d’un prix consacré aux jeunes artistes français. Un nouveau projet dont le permis de construire vient d’être déposé, doit y voir le jour. Il abriterait un hôtel haut de gamme, un grand centre d’art contemporain hébergeant  la fondation Emerige et un cinéma à écran géant. Exit l’architecte Jean Nouvel, place aux catalans RCR architectes, auteurs du musée Soulages à Rodez et au cabinet Baumschlager-Eberle qui a déjà signé le bâtiment Ardéko sur le Trapèze. Boulogne-Environnement a demandé au promoteur de réaliser une maquette montrant l’insertion de l’ensemble dans l’environnement, le point haut atteignant la hauteur du faîte du dôme de la Seine Musicale.

 2 pointes de culture, un cœur de béton massif

le Seguin dans le Point du 12 janvier 2017

Ile Seguin dans le Point du 12 janvier 2017

Dans le numéro du Point « Spécial Boulogne » du 12 janvier 2017, Audrey Emerit décrit bien la situation : « A quelques mois de l’inauguration de la Seine Musicale sur la pointe aval, le sort de l’Ile Seguin est en réalité loin d’être réglé. La partie centrale reste en effet déserte ».

En cause : la dernière mouture du projet d’aménagement de l’Ile Seguin qui est toujours aussi mauvaise.

Trop dense : le projet prévoit toujours 240 000 m2 de constructibilité sur l’ensemble de l’Ile. La Cité Musicale est un bâtiment dont chacun peut apprécier les imposantes dimensions. Maintenant qu’elle est construite, elle constitue un point de repère appréciable. Or la Cité musicale ne fait « que » 36 500m2 alors qu’elle occupe a peu près le tiers de la surface de l’Ile. On voit donc l’absurdité de vouloir tasser sur le reste de l’Ile plus de 200 000 m2, soit 6 fois plus.

Trop haut : le projet actuel prévoit de pouvoir édifier des tours de 55 m de haut, soit une hauteur NGF (norme permettant de comparer les hauteurs des bâtiments entre eux) de 91 m. Là encore un repère facile permet de visualiser : la hauteur des coteaux de Meudon n’est que de 86m NGF. Ce sont ces coteaux qui font l’intérêt de ce site exceptionnel.Il faut absolument éviter que leur vue soit totalement occultée par une muraille de béton depuis les rives de Boulogne-Billancourt. Le projet veut élever des tours plus hautes que les coteaux de Meudon.

Conciliation

Rappelons que l’impasse actuelle a été créée par la volonté d’imposer en force le délirant projet Nouvel pour l’Ile Seguin et son bétonnage massif. En 2008, l’Ile Seguin était dotée d’un PLU (plan local d’urbanisme) purgé de tout recours. Sans le projet Nouvel, l’Ile serait déjà construite.

Le projet Nouvel a suscité une forte opposition et des recours contentieux par les associations qui ont abouti à l’annulation en 2013 du PLU de l’Ile Seguin par le tribunal administratif de Cergy-Pontoise.

C’est la raison du blocage actuel.

Une conciliation est en cours sous les auspices du tribunal administratif. Nous avons une suggestion de bon sens : écouter les habitants, enterrer le projet de bétonnage massif de M. Nouvel dont s’est déjà débarrassé Emerige ! Il est temps effectivement de sortir de l’impasse avec un projet équilibré sans tours de bureaux,  respectant les vœux des habitants et formant enfin consensus.

 

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Ile Seguin : Une « vraie-fausse tour » haute comme les coteaux de Meudon

Posted by on Déc 7, 2015 in Actualité | Commentaires fermés sur Ile Seguin : Une « vraie-fausse tour » haute comme les coteaux de Meudon

La vérité sur le nouveau projet de bétonnage

Le dôme de la Cité Musicale en construction (capture d’écran de la vidéo d’information du département des Hauts de Seine)

Le dôme de la Cité Musicale en construction (capture d’écran de la vidéo d’information du département des Hauts de Seine)

Nous le révélions dans notre article du 9 octobre 2015, et nous avions entièrement raison: le nouveau projet Nouvel pour l’Ile Seguin détermine bien une hauteur maximale de 91m NGF, soit haute comme les coteaux de Meudon, qui culminent entre 89 et 90 m NGF.

Pressés de questions lors d’une réunion d’information tenue le 19 novembre avec les associations, les Ateliers Jean Nouvel ont dû reconnaitre que le bâtiment de « 50m dernier plancher accessible » qu’ils projetaient atteindrait bien 55 m, et serait construit sur un socle de 36 m NGF, pour atteindre une hauteur totale de 91 m NGF (55+36 =91). La tour sera donc de la hauteur des coteaux de Meudon…. Et bien plus haute que le sommet du dôme de la Cité Musicale (notre photo, le dôme en construction), qui culmine à 71 m NGF.

Ile Seguin : Les coteaux de Meudon vus depuis Boulogne-Billancourt

Les coteaux de Meudon vus depuis Boulogne-Billancourt

Une « vraie-fausse »tour

Pourquoi annoncer ce niveau de « 50m dernier plancher accessible » ? Parce que ceci correspond à la définition technique de la hauteur maximale possible pour ne pas être classé comme « I.G.H », immeuble de grande hauteur.
C’est cet artifice qui permet d’élever un bâtiment de 55m de hauteur totale, soit 18 à 20 étages, tout en prétendant ne pas construire une tour, et faire un joli titre dans les medias : « il n’y aura pas de tour sur l’Ile Seguin ».

Et pourtant un bâtiment de 55 m dans le langage courant, c’est bien une tour ! Jean Nouvel a inventé une « vraie fausse tour »…

 

Quand Jean Nouvel érige une tour de 50 m à Nice, il l’appelle par son nom !

 

Tour Nouvel à Nice

 

 

Le journal « Nice matin » du 21 octobre 2015 nous révèle un des derniers projets du boulimique Starchitecte Jean Nouvel : une tour de 50 m à Nice. C’est bien ainsi dans le langage courant qu’on qualifie un bâtiment de cette hauteur.
C’est bien donc du nom de tour qu’il convient de qualifier le bâtiment de 55m que Jean Nouvel projette sur l’Ile Seguin.

De ce bâtiment prévu pour l’Ile Seguin , nous n’avons aperçu lors de la réunion du 19 novembre qu’une silhouette massive, apparemment deux murailles encadrant une rue centrale. Si il nous a été interdit de prendre des photos la tour parait bien plus grosse, large et massive que la petite tour de Nice.

Quand les promoteurs voudront bien dévoiler le visage de ce projet, nous exigerons des images honnêtes : vues à hauteur d’homme, depuis la rive, et non vues d’hélicoptère avec des illustrations où le béton est flou et transparent.

Nous exigerons aussi des maquettes montrant les proportions du projet par rapport à l’environnement, à savoir les coteaux de Meudon et les immeubles de la rive. Le public a droit à une information honnête.

Stop intox : la grosse tour Nouvel sera bien plus haute que le dôme de la Cité Musicale

Donc il y aura une massive « vraie-fausse » tour de 55 m sur l’Ile Seguin. Emporté par son désir de dissimuler sa véritable dimension, le maire de Boulogne-Billancourt a déclaré au conseil municipal ; « la hauteur arrêtée dans le protocole sera la même que pour le dôme de la cité musicale, qui s’élèvera à 53 mètres, bien en-deçà des 110 mètres des coteaux. Ce dôme, qui devrait être posé très prochainement, permettra à tout un chacun d’apprécier concrètement les choses. »(propos rapportés par le site e-bb, compte rendu du conseil municipal du 4 novembre 2015 ).

Faux et deux fois faux, M. Le Maire.

C’est l’intérêt de la cote NGF, qui normalise les hauteurs. Elle permet au public de comparer les hauteurs des constructions entre elles à partir de points de repère visibles par tous.

Or, les ateliers Jean Nouvel l’ont bien admis lors de la réunion du 19 novembre, la hauteur des coteaux de Meudon visible depuis Boulogne-Billancourt, c’est bien 90 m NGF (hauteur de la plate-forme de l’observatoire de Bellevue), et pas 110 m qui est un point lointain à l’intérieur des terres et invisible depuis Boulogne. La tour massive de l’Ile Seguin sera bien haute comme les coteaux de Meudon, et non à la moitié comme le maire tente de le faire croire.

Autre point de repère, visible par tous : le dôme de la Cité Musicale, actuellement en construction. Seule la partie intérieure du bâtiment est actuellement visible, ce qui permet à chacun de constater ses dimensions impressionnantes. Or le dôme n’est pas encore posé : une structure « en nid d’oiseau » viendra couronner l’ouvrage qui sera donc encore plus haut que ce qu’on peut en apercevoir aujourd’hui. Les documents d’urbanisme sont formels : une fois achevé, le dôme de la Cité Musicale atteindra la hauteur de 71m NGF.

L’extrait du permis de construire reproduit ici le démontre :

Extrait du permis de construire de la Cité Musicale de l’Ile Seguin

Extrait du permis de construire de la Cité Musicale de l’Ile Seguin

Les 91 m NGF de la massive tour Nouvel seront donc bien plus haut que le dôme de la Cité Musicale et aussi haut que les coteaux de Meudon, qu’ils occulteront totalement.

Les hauteurs NGF ne mentent pas.

Le dôme de la Cité Musicale de l’Ile Seguin, actuellement en construction

Le dôme de la Cité Musicale de l’Ile Seguin, actuellement en construction

Honnêteté

Chacun pourra se déterminer sur ce projet, et arrêter sa propre opinion, à condition de disposer d’une information honnête.
Le protocole actuel soumis au conseil municipal et aux associations de défense de l’environnement doit être décrit ainsi :

  • Il ne comprend pas d’IGH mais bien une tour large et massive de 55 m, d’une hauteur de 91m NGF, aussi haute que les coteaux de Meudon,
  • Cette « vraie-fausse » tour est bien plus haute que le dôme de la Cité Musicale qui sera prochainement posé

A partir des deux points de repère facilement visibles sur le site, chacun pourra se faire une opinion, pour ou contre.
Pour notre part, ce projet de 240 000 m2 est toujours inacceptable, ultra-bétonné et disproportionné par rapport au site, à son environnement admirable et aux immeubles de la rive qu’il va écraser de sa masse.

Liens utiles

e-bb : compte-rendu du conseil municipal de Boulogne-Billancourt du 4 novembre 2015

Nos révélations du 9 octobre 2015

Un projet toujours inacceptable

 

 

 

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Ile Seguin : un projet toujours inacceptable

Posted by on Sep 21, 2015 in Actualité | Commentaires fermés sur Ile Seguin : un projet toujours inacceptable

La mairie de Boulogne-Billancourt  va faire voter au conseil municipal du 24 septembre un curieux protocole d’accord

Le chantier de la Cité musicale de l'Ile Seguin

Le chantier de la Cité musicale de l’Ile Seguin

Elu en 2008 sur la proposition d’une Ile Seguin « verte et bleue » dont la constructibilité serait réduite à 110 000 m2, le Maire de Boulogne-Billancourt, Pierre-Christophe Baguet avait stupéfié habitants et riverains en sortant par surprise en 2011 un projet fortement bétonné hérissé de 5 tours, conçu par le Starchitecte Jean Nouvel.

Immédiatement, différentes associations de défense de l’environnement se portaient recours contre ce projet et remportaient une grande victoire avec l’annulation du Plan Local d’Urbanisme (PLU) en juillet 2013. De facto, la mairie, désormais hors la loi, plongeait le projet dans l’impasse.

Heureusement, sur la pointe aval de l’île,  La Cité Musicale du conseil général des Hauts de Seine faisait l’unanimité et ne suscitait aucune contestation. La Cité ouvrira ses portes en 2016.

Sur la pointe amont, les associations acceptaient après concertation de lever leur recours contre le projet R4, ensemble destiné au stockage d’œuvres d’art et à un pôle d’art contemporain. Le projet R4 n’est plus menacé aujourd’hui que par les démêlés judiciaires de M. Yves Bouvier, citoyen suisse et résident Singapourien, qui fait actuellement l’objet de poursuites pour escroquerie et recel de tableaux volés.

Une concertation truquée ?

L’espoir renaissait le 26 mai 2015 quand Pierre-Christophe Baguet réunissait les associations requérantes contre son PLU en leur promettant d’amender son projet contre le retrait de leur recours, ce qui permettrait de sortir de l’impasse. Une série de réunions menée à train d’enfer s’enchainait.

Curieusement, une association, Val de Seine Vert, opéra un volte-face spectaculaire pendant cette concertation en émettant tout à coup une proposition très bétonnée portant la constructibilité de l’Ile Seguin à 240 000 m2, et acceptant une hauteur maximale de 50 m au dernier plancher accessible, c’est-à-dire une hauteur totale de 55 à 60 m. Si l’on combine cette hyper densité avec cette hauteur, un tel projet ne pourrait entrainer au centre de l’île que la construction d’une muraille de 15 à 20 étages … Val de Béton Vert ?

Systématiquement, toutes les propositions et suggestions des autres associations furent écartées et même ignorées dans les procès-verbaux de réunion.

La ficelle est grosse …

La connivence entre la mairie et cette association est évidente. Chacun est libre de s’interroger sur les motivations des dirigeants de cette association pour renier aussi brutalement leurs engagements.

Ce revirement est d’autant plus spectaculaire que la proposition de 240 000 m2 est encore plus bétonnée que le projet Nouvel de 232 000 m2 (projet N°3 soumis à la votation des Boulonnais en 2012) que Val de Seine Vert critiquait à l’époque vertement …. Il aurait été certainement plus simple d’appeler dès 2012 les Boulonnais à voter massivement pour le projet Nouvel N°3 ! Nous y aurions gagné 8 000 m2 de béton en moins… Pourtant, à l’époque Val de Seine Vert comme les autres associations et tous les partis d’opposition, dénonçait la votation et les 3 projets Nouvel comme le choix inacceptable entre béton, béton ou béton…

Ile Seguiin Tract de l’opposition municipale lors de la votation bidon de 2012. Le projet Nouvel 3 faisait 232 000m2.

Tract de l’opposition municipale lors de la votation bidon de 2012. Le projet Nouvel 3 faisait 232 000m2.

Nous savons que ce revirement a provoqué de vifs débats au sein de cette association et que le fait de devenir le « cheval de Troie » de la mairie ne fait pas que des heureux en son sein.

Il est frappant de voir que la Mairie va faire voter par son conseil municipal du 24 septembre un projet de protocole transactionnel avec les associations et les riverains qui constitue un « copié-collé » des propositions du seul Val de Seine Vert et qui ignore systématiquement les propositions des autres associations…. Dans ces conditions, il est plus que probable que Val de Seine Vert retirera son recours.  La ficelle est grosse ….

 

Et maintenant ?

Libre à Val de Seine Vert de retirer son recours pour faire place à un tel projet, 4 autres associations, Boulogne Environnement , AEBB, Vivre à Meudon et Intégrer Billancourt, ayant réuni leur conseil d’administration, ont fait savoir par la voie de leur avocat ce lundi 21 septembre qu’elles ne se désisteraient pas de leur recours dans les conditions actuelles, face à un projet qui demeure beaucoup trop bétonné et qui hérisserait une muraille au centre de l’île.

Les riverains demeurent attentifs et ne soutiendront pas les associations qui accepteraient ce projet en l’état, et en particulier son hyper-densité au centre de l’île. Les riverains veulent toujours croire que la démarche en cours vise sincèrement à parvenir à un accord qui permette à la mairie de sortir de l’illégalité dans laquelle ses projets précédents l’ont conduit. Cela passe obligatoirement par une réduction de l’enveloppe de constructibilité de 240 000m2 et un véritable plafonnement de la hauteur totale.
Les riverains veulent rapidement trouver une solution constructive. Par contre, il ne saurait être question de leur faire « avaler » une proposition encore pire que le projet Nouvel 3, qu’ils ont déjà rejeté. Les erreurs d’urbanisme se payent cher et pour longtemps. La Cité que nous léguerons à nos enfants doit être préservée.

 

Les riverains de l’île Seguin.

Lire aussi : Ile Seguin, accostage en vue, par l’association AEBB

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L’avis des associations : la concertation doit se poursuivre autour d’un vrai projet

Le chantier de la Cité Musicale de l'Ile Seguin

Le chantier de la Cité Musicale de l’Ile Seguin

Le Maire de Boulogne-Billancourt avait convié début juin les associations parties prenantes au recours en justice contre le PLU (Plan Local d’Urbanisme) de l’Ile Seguin, à une concertation pour tenter de sortir de l’impasse. Il faut dire que ces recours avaient déjà réussi à faire annuler par le tribunal administratif le PLU de 2011, et que l’adaptation dudit PLU en 2013 est elle aussi frappée de recours, avec de fortes chances d’aboutir au même résultat.
A l’issue d’un marathon de réunions menées en 3 semaines, le maire de Boulogne-Billancourt proposait à son conseil municipal du   9 juillet une modification de son projet, sous forme d’une légère réduction de la densité (240 000m2 contre 255 000m2) et une limitation de la hauteur à 50 m (dernier plancher, ce qui équivaut à une hauteur d’environ 65 m soit 18 étages).

Il demandait à la même occasion aux associations de retirer leurs recours avant le 31 juillet 2015.
A quelques jours de l’échéance nous avons voulu connaitre l’opinion des associations AEBB (Actions Environnement Boulogne-Billancourt) et Boulogne Environnement, qui ont toutes les deux pris part à la concertation.

 

Agnès Bauche, présidente d’AEBB : « si accord il y a, ce sera après le 31 juillet ».

Cela faisait 4 ans, voire 7 ans depuis l’élection de Pierre-Christophe Baguet en 2008 ,  qu’on attendait ça : une rencontre avec le maire pour parler de ses projets sur l’Ile Seguin.

En 2008, il arrête le projet en cours de ses prédécesseurs pour lui substituer, 2 ans plus tard, « Manhattan sur Seine », projet de Jean Nouvel à 335000 m² construits et des « tours châteaux ».

Depuis, les habitants des deux rives et les associations d’environnement et d’urbanisme cherchent le dialogue avec  lui pour en évaluer le retentissement sur la ville. Quand on ne peut pas parler directement, on ne peut le faire que par l’intermédiaire d’avocats. C’est ce à quoi ont été acculées les associations. Elles ont été contraintes à déposer des recours, d’abord « gracieux », puis, sans réponse, contentieux.

En 2013, le tribunal leur donne raison une première fois en déclarant illégal le PLU 2011. On attend sa décision pour la suite et le PLU 2013

Enfin, début juin 2015, pour la première fois, le maire nous invite tous autour d’une table. Pour parler ? Non, pour négocier sous la pression d’une horloge infernale : entre le 9 et le 30 juin, il faut que nous retirions nos recours, sinon, la métropole du Grand Paris, ou le territoire de GPSO pourraient décider à la place du maire !

Quel dommage que ce travail d’écoute et de parole n’ait pas été ouvert plus tôt ! On ne fait rien de bien dans l’urgence, et si c’était chose simple, le problème serait résolu depuis 10 ou 20 ans.

 

Néanmoins, lors du Conseil Municipal du 9 juillet, le maire a pu reconnaître que même son projet actuel de 255000 m² , bien que trop dense, n’était pas équilibré financièrement, mais qu’il était prêt à consentir un  sacrifice supplémentaire de 15000 m² de constructions.

 Pour AEBB, ce n’est pas ainsi que le problème se pose. On construit une ville pour 100 ans et plus. Elle doit réunir le maximum d’atouts pour être agréable et saine à vivre durablement. Sans négliger la composante financière, nous pensons que ce n’est pas l’impasse budgétaire d’aujourd’hui  qui doit décider de la ville de demain. Nous déciderons sur un projet, une vision à long terme de cette entrée par notre ville au cœur de la métropole nationale.

A ce nœud stratégique, nous ne voulons pas ajouter de pollution et de complication. Nous pensons en outre que les équipements et infrastructures prévues dépassent l’échelle boulonnaise, et qu’il n’y a pas de raison que leur financement soit exclusivement assumé par les Boulonnais.

On parle… c’est très positif.

Cette mi-juillet, deux négociations ont été menées à leur terme : celle de Tsipras avec les créanciers de la Grèce, et celle sur le nucléaire iranien. Pour une heureuse conclusion sur l’Ile Seguin, après avoir fait entendre nos arguments, nous attendons le projet consensuel que la mairie ou la SPL (société publique locale remplaçant la SAEM) nous proposera. Depuis notre dernière réunion du 30 juin, nous n’avons aucune nouvelle, donc, si accord il y a, ce sera après le 31 juillet.

 

 Jean-Christophe Haemmerlé, président de Boulogne Environnement : « nous ne ferons pas un Lego baclé sur l’Ile Seguin »

L’initiative tardive du maire de commencer à parler avec les associations est saluée par BE comme un début de bonnes pratiques de démocratie de proximité.

L’association a détaillé les sujets qui lui tiennent à cœur et les représentants de la mairie et de la SAEM semblent en avoir pris notes. 

Le communiqué du maire lors du rapport de la SAEM au conseil municipal dissipe les doutes : les 6 ans qui viennent de s’écouler dans le provisoire et les scénarios irréalistes ont coûté beaucoup d’argent. Revenir à des projets humains et vivables, même au détriment de l’équilibre financier immédiat semble maintenant un objectif partagé par la municipalité. BE espère que la mairie et la SAEM vont revenir au plus tôt devant les associations d’urbanisme et d’environnement avec des améliorations sensibles sur lesquelles il sera possible de trouver un consensus. 

En tout état de cause, après 4 ans d’immobilisme, les ultimatums et l’urgence ne tiendront lieu ni de prétexte, ni de projet. La ville se construit pour les générations futures autant ou plus que pour l’actuelle. Les politiques ont pour échelle du temps celui de leur mandat, les associations réfléchissent sur le long terme. Nous ne ferons pas un LEGO bâclé sur l’Ile Seguin. 

 

L’avis des riverains de l’Ile Seguin :

Nous partageons la position des deux associations. La municipalité de Boulogne-Billancourt est entièrement responsable du blocage du projet de l’Ile. Elle avait hérité en 2008 d’un PLU de 175 000m2, purgé de tout recours, et qui aurait permis à l’Ile de commencer à se construire.

En voulant imposer le ridicule projet Nouvel, ses tours et son bétonnage massif, le maire de Boulogne a fait perdre 7 ans, et réussi à plonger le projet dans l’impasse avec un PLU illégal.

Cela a couté beaucoup d’argent, fait gagner plusieurs millions d’euros en honoraires à M. Nouvel, et gaspillé l’argent public en réalisations éphémères.

Le maire entend aujourd’hui après 7 ans perdus imposer en 3 semaines un accord sur un projet très flou, sans aucune garantie et encore très dense. Que diraient les habitants des deux rives si en lieu et place des tours se dressait une muraille de 65 m de haut sur toute la longueur de l’Ile ? En demandant la vision d’un véritable projet, et la poursuite de la concertation retrouvée, les deux associations ne font qu’exprimer un point de vue de pur bon sens.

Voir aussi :

Il n’y aura pas de tour sur l’Ile Seguin

http://www.sauvonslileseguin.com/il-ny-aura-pas-de-tour-sur-lile-seguin/

La concertation reprend pour sortir de l’impasse

http://www.sauvonslileseguin.com/ile-seguin-la-concertation-reprend-pour-sortir-de-limpasse/

 

 

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