Toujours pas de projet sur l’Ile Seguin

On n’en sait toujours pas plus sur le nouveau projet de l’île Seguin préparé par l’architecte Jean Nouvel, si ce n’est qu’il est bien officiellement revu à la baisse. Jeudi soir, lors du conseil municipal où était notamment présenté le compte rendu d’activité annuel à la collectivité (CRACL) de la Saem Val de Seine aménagement, tous ceux qui espéraient en connaître les derniers développements sont restés sur leur faim.

Il a tout de même été confirmé que la municipalité avait demandé à l’architecte de travailler sur un projet moins polémique, tablant sur 250000 m2 de droits à construire au lieu des 310000 m2 initialement prévus.

Faute de révélations sur le futur visage de l’île, les élus municipaux se sont une nouvelle fois attardés sur le manque de concertation qui entoure le projet, l’opposition dénonçant une fois de plus les revirements de la municipalité. L’UMP Thierry Solère, vice-président du conseil général, n’a pas manqué de rappeler que le vote du PLU en mai dernier était en contradiction avec les engagements de campagne du maire, qui promettait en 2007 de s’en tenir à 110000 m2. « On ne comprend pas bien ce CRACL, vous parlez de 250000 m2, mais les recours portent sur le PLU qui est toujours de 310000 m2 », a pointé l’ex-premier adjoint démissionnaire pour cause de désaccord sur l’île Seguin.

« Il faut trouver une solution de sortie », a vertement répliqué le maire (UMP). « C’est pourquoi on propose une constructibilité en baisse », a justifié Pierre-Christophe Baguet, tout en insistant sur la nécessité d’en garder suffisamment pour équilibrer les comptes.

« On n’a aucune garantie que la délibération qui nous sera présentée au final sera toujours sur 250000 m2 », s’inquiétait la socialiste Judith Shan à l’issue de la séance. Des « paramètres volatils » dénoncés par Marc Fusina, du groupe d’opposition de gauche, qui alarment les adversaires du maire, surtout au vu des perspectives de déficit de la Saem, acté pour 2014 à 146 M€.

Même si les finances de la ville, exposées en début de séance lors du débat sur les orientations budgétaires, affichent leur bonne mine — la gestion municipale a d’ailleurs été saluée en décembre par l’agence de notation Standard & Poor’s —, le risque de les voir mises en péril par les éventuels déboires de l’île Seguin sont toujours là. La ville, actionnaire de la Saem à 65%, est en effet garante de la majeure partie de l’emprunt de 110 M€ contracté par l’aménageur.

L’ancien maire Jean-Pierre Fourcade, tablant sur des « difficultés quand les banquiers présenteront leurs premières demandes de remboursement en 2015 », a ainsi refusé d’approuver le CRACL, dénonçant « une opération dangereuse sur le plan financier ».

Mais Pierre-Christophe Baguet, s’il reconnaît que l’« équilibre est fragile », a voulu rassurer : « Dans les grandes opérations du même type au niveau national, on est à peu près à 20% de ligne de trésorerie, là, on serait à 15%. » Tout en insistant sur les efforts d’économies consentis : des équipements sont d’ores et déjà revus à la baisse, voire purement et simplement supprimés. Exit ainsi la verrière du jardin imaginé par Jean Nouvel, dont le coût était estimé à 80 M€.

Quand aux nouveaux emprunts, à hauteur de 40 M€, que la Saem s’apprête à contracter, il s’agit de prêts renouvellement urbains (PRU) à taux préférentiels, que « la ville n’est pas tenue de garantir », rassure encore le maire, qui table sur une garantie bancaire de la Caisse des dépôts.

 

Pascale Autran Le Parisien 18Fevrier

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